Leshakili

critiques de lecture

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Classé dans : Non classé — 14 juin, 2014 @ 4:14

fakir

On parle souvent des « feel-good movies » , et bien ce livre pourrait bien être un « feel-good novel » . Un fakir au nom imprononçable débarque à Paris dans le but de se procurer le tout dernier modèle de lit à clous, Kisifrötsipik, en vente chez Ikéa . Mais, puisqu’il n’a pas un sou, après avoir passé sa commande , il décide de se laisser enfermer dans le magasin afin d’y dormir et ainsi de ne pas avoir à payer un hôtel . Mauvaise idée ! Une livraison de dernière minute et voilà notre fakir, réfugié dans une armoire pour ne pas se faire surprendre, en partance pour la Grande Bretagne . Vont suivre des péripéties qui nous emmèneront jusqu’en Libye, en passant par l’Italie .

Cet extraordinaire voyage du fakir va bientôt se transformer en voyage initiatique . Manipulateur, menteur et un peu voleur, le fakir va aspirer à devenir un homme meilleur dont le but sera d’aider quelqu’un et de devenir un homme honnête .

Même si  en toile de fond l’auteur aborde la difficile  question des migrants aux espoirs de vie meilleure, les situations, souvent rocambolesques, font sourire.Et si les jeux de mots autour du nom (imprononçable) du fakir peuvent à la longue lasser, l’ensemble demeure plaisant.

Il est difficile de s’attacher vraiment aux personnages car ils semblent avant tout être au service de l’histoire .Il est donc normal qu’ils ne possèdent pas la profondeur psychologique d’autres héros de roman.

En conclusion, ce petit roman ne fatigue certes pas les neurones mais il a au moins le mérite de faire rire sans tomber dans le graveleux ,ce qui n’est pas si fréquent .

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa – Romain Puértolas ( dont c’est le premier roman) – 252 p.

Red Sky in the Morning

Classé dans : Non classé — 25 mai, 2014 @ 6:19

redsky2

Nous partons pour l’Irlande du début du 19° siècle où il vaut décidément mieux être un riche fermier qu’un pauvre métayer. Au début du roman, Coll Coyle apprend que le propriétaire des terres sur lesquelles il vit, lui et sa famille, a décidé sans raison apparente de les expulser .

Alors qu’il lui demande des explications,Coll tue le propriétaire . Comprenant qu’il ne devra sa survie qu’à la fuite , il quitte sa famille et  sera l’objet d’une traque menée par Faller, l’homme de main du père de la victime qui a juré de se venger. Sa fuite lui fera traverser le Donegal , puis s’embarquer pour la Pennsylvanie où il travaillera à la construction du chemin de fer . Malheureusement la vengeance ne connaît pas les frontières et Faller finira par retrouver Coll .

J’ai aimé ce roman qui malgré le thème violent est écrit dans une langue poétique. Ce qui m’a surtout plu c’est la façon dont l’auteur parle de l’Irlande : on sent l’odeur de la tourbe , on voit les marais du bogside . Le personnage de Faller , effrayant de ténacité, donne parfois des accents de westerns à cette histoire qui , sans être un coup de coeur m’a bien tenue en haleine .

Red Sky in the Morning – Paul Lynch ( dont c’est le premier roman!) – Lu sur mon Kindle

Ecoute la pluie

Classé dans : Non classé — 11 mai, 2014 @ 12:00

pluie

Un petit roman court mais dense . Alors qu’elle attend le métro afin d’aller rejoindre l’homme qu’elle aime , la narratrice assiste à une scène atroce . Un vieil homme se jette sur la voie après s’être retourné et lui avoir adressé un dernier sourire . Cet évènement est un  tel choc pour la narratrice qu’elle ne se rend pas à son rendez vous mais erre dans les rues de Paris sous l’orage . Ses pensées vont vers ce vieil homme , elle s’interroge aussi sur son couple .

L’écriture est très belle , très poétique et pourtant ce roman n’est pas un coup de coeur. Je n’avais rien lu de cette auteure  et j’avais entendu le plus grand bien de ce roman donc je suis contente d’avoir pu le découvrir mais les introspections du personnage ont fini par me lasser . J’ai trouvé le tout en fin de compte bien écrit mais assez décousu .

 

Ecoute la pluie – Michèle Lesbre – 100 p.

Esprit d’hiver

Classé dans : Non classé — 9 mai, 2014 @ 3:54

poppy3

Après La vie devant ses yeux qui m’avait un peu déçue , j’ai renoué avec Laura Kasischke grâce à Esprit d’hiver . Il s’agit d’un huis-clos étouffant qui se déroule le matin de Noël , entre une mère et sa fille adoptive . Holly, la mère, se réveille brusquement après avoir dormi trop longtemps ce matin du 25 décembre . Avec la sensation de malaise qui l’étreint dès son réveil, une petite phrase s’insinue en elle, qui reviendra tout au long du roman : »Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. » Puis les évènements s’enchaînent : Holly doit faire face à la mauvaise humeur inexpliquée de Tatiana, sa fille adoptive, les invités pour le repas de Noël se décommandent les uns après les autres à cause de la tempête de neige qui fait rage dehors,même le mari de Holly, parti chercher ses parents à l’aéroport ne peut rejoindre le domicile familial.

Ce que j’aime chez cette auteure, c’est sa façon de dépeindre une atmosphère inquiétante à partir des petits détails du quotidien . C’est le cas avec la scène, en apparence banale, de l’épluchage des carottes : « Les carottes, quand Holly les sortit du bac à légumes, avaient l’air plus velues que dans son souvenir . Bon, se dit-elle, il était normal que les carottes continuent de pousser après avoir été conservées dans le noir glacial du bac à légumes pendant quelques jours. Ne disait-on pas que les cheveux et les ongles des morts continuaient de pousser dans la tombe? Les carottes étaient, après tout, des racines. » (p. 133)Ce passage  donne plutôt envie de manger des brocolis,non?

Laura Kasischke a aussi l’art de dépeindre des ados inquiétants , que ce soit Tatiana dans Esprit d’hiver, les étudiants dans Les Revenants ou encore la jeune fille dans Un oiseau blanc dans le blizzard, tous ont des réactions surprenantes et sont limite antipathiques . J’ai souvent eu envie de dire à Holly, dans Esprit d’hiver : « Mais arrête de traiter ta Tatiana comme la huitième merveille du monde,fais la sortir de sa chambre une bonne fois pour toute et exige qu’elle t’aide en cuisine pour préparer ce fichu repas de Noël ! Un peu d’autorité , que diable! » 

Enfin, le personnage de Holly, pétrie de culpabilité ( comme bien souvent les héroïnes féminines chez cette auteure ), pleine de contradictions, au bord parfois de la folie, est très touchant .

Alors évidemment la fin du roman vous prend par surprise . J’avoue, je n’avais rien vu venir et pourtant tous les indices étaient là, soigneusement dispersés au fil des pages , ce qui donne presque envie de relire le livre à la lumière de ce que l’on sait .

Esprit d’hiver – Laura Kasischke- 275 pages

 

 

 

Silo.

Classé dans : Mes livres chouchous — 27 avril, 2014 @ 3:27

 

silo2 Allez, hop, une petite dystopie, histoire de ne pas oublier que finalement, notre situation pourrait être bien pire ! Intriguée par l’histoire de ce roman ( auto édité sur Internet, né d’une nouvelle à laquelle l’auteur, cédant à la pression des lecteurs, a fini par imaginer une suite ), je n’ai pas boudé mon plaisir lorsque j’ai trouvé « Silo » sur les rayonnages de ma médiathèque préférée. L’histoire se passe dans un futur indéterminé, une catastrophe a ravagé la surface de notre planète et l’air est désormais  trop contaminé pour que toute vie en surface soit possible. Les hommes vivent donc en communauté sous  la terre, dans un silo géant. Evidemment , pour que cette communauté fonctionne, il y a des lois et tout manquement à ces lois entraîne des sanctions. La pire d’entre toutes ? Etre banni et donc condamné à sortir du silo afin d’aller nettoyer les écrans des capteurs placés à l’extérieur. Les toxines présentes dans l’atmosphère s’attaquent alors rapidement à la combinaison du condamné, qui en général n’a que le temps de s’acquitter de sa tâche avant de mourir.

Le début du roman tient rapidement en haleine puisque certains personnages découvrent qu’on leur cache des informations et qu’il y a quelque chose de pourri dans ce royaume souterrain. Il y a un petit côté Orwellien dans la façon de dépeindre cette société où tout est contrôlé, ou la peur d’être envoyés au « nettoyage » pousse les habitants à ne rien remettre en question. La suite du livre nous présente Juliette, l’héroïne qui fera se lever le vent de la révolte.

J’ai bien aimé ce personnage féminin, même si elle a un petit côté Lara Croft agaçant de perfection . Sa ténacité, son ingéniosité la rendent sympathique. Le roman emprunte aussi les codes du polar, du western, le rendant ainsi difficile à lâcher. Je placerai donc « Silo » dans mes livres chouchous, même si au rayon dystopie,il est loin d’égaler « Moi qui n’ai pas connu les hommes » de Jacqueline Harpman, qui avait été un vrai choc littéraire pour moi .

Enfin, à l’heure où des projets tels que Earthscraper à Mexico ou encore Eco-City 2020 en Sibérie vont bientôt voir le jour, la lecture de « Silo » fait froid dans le dos …

Silo – Hugh Howey – 557p.

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

Classé dans : Non classé — 16 avril, 2014 @ 6:01

harry

Depuis le temps que j’avais envie de lire ce roman auréolé de prix (Goncourt des lycéens en 2012 et Grand Prix du Roman de l’Académie Française la même année) ! Merci à Anne de me l’avoir prêté. Alors voilà, je l’ai lu … et franchement, je ne comprends pas tous ces éloges dithyrambiques …

Petit résumé de l’histoire : Nous sommes à New York , au début de l’année 2008, Marcus Goldman est un jeune écrivain qui a connu un grand succès avec son premier roman. Mais le voilà  maintenant aux prises avec l’angoisse de la page blanche : il ne parvient plus à écrire et son éditeur lui met une pression d’enfer pour qu’il lui fournisse rapidement un second roman. Marcus espère trouver du réconfort (et une idée de roman) chez son ami et professeur d’université, Harry Quebert, également écrivain. Ce dernier a connu un immense succès auprès du public avec un roman intitulé « Les origines du mal » . Tout à coup, Harry Quebert est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans avec laquelle il avait eu une liaison.Marcus décide alors de mener sa propre enquête afin d’aider son ami car il est persuadé de son innocence.

J’ai bien aimé l’idée du livre dans le livre: comment écrit- on un roman à succès? D’ailleurs j’ai longtemps cru que ce meurtre n’était qu’une supercherie, une sorte de mise en scène afin d’aider Marcus à écrire son nouveau roman. Ce qui m’a déplu c’est principalement la longueur du livre , les nombreux coups de théâtre semblent très souvent tirés par les cheveux. Mais surtout , l’histoire d’amour entre cet écrivain et cette jeune nymphette de 15 ans est d’une mièvrerie épouvantable . Un peu plus d’érotisme, que diable ! « Lolita » de Nabokov n’est pas prête d’être détronnée !

De ce « pavé » ( 665 pages quand même!) , j’ai retenu une phrase :  » Un bon livre est un livre que l’on regrette d’avoir terminé » . Je ne dirai pas que « la Vérité sur l’Affaire Harry Quebert » est un mauvais livre mais je suis bien contente de l’avoir terminé !

 

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert – Joël Dicker- 665 pages ( quand même!) ( comment ça , je radote???)

La vie devant ses yeux

Classé dans : Non classé — 12 avril, 2014 @ 6:26

yeux

Deux filles , adolescentes , dans les toilettes d’un lycée . Elles font face au miroir , se remaquillent , l’une vient de pleurer mais on ne saura jamais pourquoi . Tout à coup elles entendent le son métallique d’une arme à feu . Une des filles suppose que c’est un de leur camarade de classe , qui la veille , avait annoncé qu’il apporterait une arme au lycée .Puis le jeune tueur  entre dans la pièce et demande : « Laquelle de vous deux je dois tuer , les filles? »

Ainsi commence ( très fort) ce roman de Laura Kasischke . Malheureusement  le rythme du début va très vite s’essouffler  Cette auteure n’était pas une découverte pour moi puisque que dois en être à mon quatrième ou cinquième livre écrit par cette romancière américaine . Je n’avais jamais été déçue jusque là … il faut une première fois à tout ! « La vie devant ses yeux » bascule sans cesse entre le passé et l’évènement traumatisant vécu par  Diana , le personnage principal , et le présent , où elle est mariée et semble mener une vie parfaite . A moins que le présent ne soit en fait le passé et que le personnage soit alors  en train d’imaginer toute cette vie qui se déroulerait devant ses yeux ? Bref , je me suis très vite perdue dans ce roman et j’ai assez rapidement lâché prise . J’ai trouvé qu’il ne se passait pas grand chose , qu’il n’y avait pas vraiment d’intrigue . Alors évidemment , tout s’agite à la fin mais si l’on est un tant soit peu habitué à lire les romans ou nouvelles britanniques qui comportent souvent un « twist » à la fin , les dernières pages ne sont finalement pas une grande surprise . Certes , c’est très beau , très émouvant mais j’attendais autre chose … du coup , moi qui me réjouissais à l’avance de lire son dernier roman « Esprit d’hiver », mon enthousiasme est un peu retombé …

 

La vie devant ses yeux – Laura Kasischke- 347 p.

Tribulations d’un précaire

Classé dans : Non classé — 30 mars, 2014 @ 12:26

tribulations

Ayant lu  ( et apprécié) il y a quelques mois « Un petit boulot » , j’avais envie de continuer un peu dans l’univers de Iain Levison . Je n’aurai peut être pas dû . Ou au moins , pas dans cet ordre .

« Tribulations d’un précaire » ressemble plus à une sorte de juxtaposition de témoignages , de mini- reportage sur un homme qui , en dépit de ( ou bien à cause de ?) sa licence de lettres ne parvient pas à trouver un vrai travail aux Etats-Unis . J’ai eu plaisir à retrouver l’humour un peu grinçant parfois de l’auteur mais cette vision malheureusement réaliste du monde du travail n’est guère optimiste .

Un passage à la fin de ce petit livre( heureusement court) m’a fait sourire car , ayant souffert en travaillant sur les oeuvres de Henry David Thoreau , j’ai ( mesquinement , je l’avoue !) souri de le voir ainsi égratigné par un auteur moderne :

« Suivez avec confiance la direction de vos rêves , a dit Thoreau . Par la suite il a ajouté que la plupart des hommes mènent une vie de désespoir silencieux , signe que peu d’entre nous suivent son conseil. Qu’il aille se faire foutre , il avait des rentes , lui . Qui d’autre qu’un homme riche pourrait se permettre de passer un été au bord d’un lac à méditer sur la vie ? » ( p.179)

En bref , si vous souhaitez lire Iain Levison , je vous conseille de commencer  par « Tribulations d’un précaire » et attendez un peu avant de passer à « Un petit boulot » qui est tout de même plus abouti .

Tribulations d’un précaireIain Levison – 187 p.

Derrière la haine

Classé dans : Non classé — 16 mars, 2014 @ 9:20

derrire

Voilà un petit roman qui ne sera pas resté longtemps abandonné sur ma table de chevet …

Deux jeunes couples ayant chacun un petit garçon du même âge , deux maisons mitoyennes , une haie qui sépare leurs jardins et une amitié à priori indéfectible . Le décor est planté , tout ce petit monde aurait pu vivre un long fleuve tranquille avec échanges de services , complicité et apéro tous les vendredi soirs .

Evidemment , le drame survient , on est pas chez Marian Keyes  , non plus ! Ce qui est intéressant , c’est la façon dont les personnages vont réagir à ce drame . Laëtitia est- elle complètement parano ? Tiphaine est-elle réellement dangereuse ? Le suspense va crescendo , on tourne les pages et on a vraiment du  mal à lâcher le roman , d’autant plus que les chapitres sont courts . Et tout à coup , on se rend compte qu’il est une heure du matin , on pose le livre à regret car on ne peut décemment pas lire jusqu’au bout de la nuit …

Le style n’est pas des plus littéraire , les dialogues ont parfois l’air de sortir de « plus belle la vie » mais les  personnages sont ambigus à souhait ( enfin surtout les deux femmes car j’ai trouvé les hommes un peu effacés ) et la fin est bien noire comme je les aime , bref un roman captivant que je vous recommande .

Derrière la haine – Barbara Abel – 345 p.

 

Witness the Night

Classé dans : Non classé — 11 mars, 2014 @ 9:53

witness

Encore un roman où les femmes ont une place centrale . Nous partons cette fois en Inde et il s’agit d’un polar . La jeune Durga se trouve être la seule rescapée de sa famille massacrée au cours d’une terrible nuit . Oui mais voilà , dans un pays où la femme vaut souvent  moins qu’une vache sacrée , la jeune fille se retrouve accusée du meurtre de toute sa famille . Heureusement pour elle , Simran , une travailleuse sociale indienne va venir à son secours et tenter de percer le mystère : qui a bien pu décimer ainsi cette famille et pourquoi vouloir faire accuser la jeune fille ?

J’avoue avoir des sentiments mitigés sur ce roman car je trouve que l’aspect « document sur la société indienne » l’emporte un peu trop souvent sur le côté policier . En même temps , il est difficile de reprocher à l’auteure d’écrire ainsi puisque Kishwar Desai est à la base une journaliste qui a écrit pour la presse écrite . Elle a aussi présenté une émission de télé matinale ( un genre de  William Lemergie en femme indienne , quoi !) . De plus « Witness the Night » était son premier roman , d’autres ont suivi donc son style s’est peut être peaufiné par la suite . Cependant , le côté un peu trop didactique du roman m’a gêné . Je trouve qu’il lui manque cette puissance émotionnelle que l’on trouve dans « The Space Between Us  » de Thrity Umrigar ou bien encore dans l’excellent « Ladies Coupé » d’Anita Nair .

Cela dit , si vous n’avez rien lu sur la condition féminine en Inde , ce roman fait froid dans le dos puisque les situations évoquées dans « Witness the Night » sont malheureusement vraies .

 

Witness the Night – Kishwar Desai ( lu sur mon Kindle )

1...56789...12
 

Vieuxbougon |
Lalou Raconte |
L'univers de Shamira |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Moja opinia o wydarzeniach
| Concourslecture2013
| Papillonsdevie