Leshakili

critiques de lecture

Elizabeth is missing

Classé dans : Non classé — 12 août, 2014 @ 11:57

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« Elizabeth is missing » , voilà ce que répète sans arrêt Maud, une vieille dame atteinte de la maladie d’Alzeihmer . Cette Elizabeth n’est autre que la voisine et amie de Maud et elle a visiblement disparu . Puisque la mémoire de Maud lui fait défaut, elle n’a d’autre solution que d’écrire ce dont elle doit absolument se souvenir sur des petits bouts de papier . Mais lorsqu’elle retrouve lesdits bouts de papier au fond de ses poches, bien souvent elle a oublié pourquoi elle les avait écrit…La disparition de son amie Elizabeth fait aussi écho à celle de sa soeur, Sukey,disparue peu après la guerre et dont on n’a jamais retrouvé la trace.Ce traumatisme vécu par Maud se mélange à sa vie actuelle et donne un récit qui peu parfois faire penser à une pelote de laine toute enchevêtrée .

Ce premier roman d’Emma Healey est à la fois touchant, drôle et terrifiant . On ne peut être qu’attendri par Maud qui a la mémoire qui flanche et qui agace parfois son entourage à force de répéter sans arrêt les mêmes choses, les mêmes questions . Certaines situations sont  cocasses puisque Maud ne se rend pas compte des conséquences, plus ou moins graves,de ses actes ou de ses paroles (le passage au début où elle se perd dans un grand magasin m’a bien amusée!) . Mais ce roman est aussi terrifiant car, étant écrit à la première personne du singulier, il fait vivre au lecteur l’expérience de la maladie d’Alzeihmer. On voit la santé mentale de Maud se dégrader tout au long du roman et on voit aussi comment la maladie peut impacter l’entourage de la personne qui en est atteinte . J’ai beaucoup lu, ici et là , que Elizabeth is missing était un roman policier . Cependant, le mystère de la soeur disparue ne m’a pas spécialement tenue en haleine; on peut aisément deviner ce qui est arrivé . J’ai même ressenti certaines longueurs, un sentiment de répétition,  à la lecture de ces passages. Non, moi, ce qui m’a plu, c’est l’évocation du quotidien de Maud et je trouve remarquable qu’une jeune auteure de vingt-huit ans se soit attaquée avec brio à un tel sujet .

Bref, un bon roman, mais qui présente quand même une vision glaçante du vieillissement de l’être humain .

Elizabeth is missing  ( L’Oubli en français) – Emma Healey ( lu sur mon kindle)

 

La grâce des brigands

Classé dans : Non classé — 3 août, 2014 @ 6:25

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Véronique Ovaldé, je la connais bien, enfin pas personnellement mais j’ai lu tout ce qu’elle a publié jusqu’à maintenant .Et ce que j’aime entre autre chez elle, c’est la poésie des titres qu’elle donne à chaque fois à ses oeuvres.  La grâce des brigands nous raconte l’histoire de Maria Cristina Väätonen qui quitte sa ville natale à l’âge de seize ans . Elle fuit un père taciturne, une mère bigote, peu aimante et passablement cinglée, et une soeur jalouse . Elle connaîtra la notoriété grâce à son roman dans lequel elle réglera ses comptes avec sa famille . Bon, voilà pour l’intrigue principale .Mais il est difficile de résumer les romans de Véronique Ovaldé car on a à chaque fois l’impression de pénétrer dans une jungle luxuriante et foisonnante . Les personnages sont souvent hauts en couleurs et les thèmes récurrents ( la transmission , le passé familial, la maternité) ne peuvent laisser indifférents . Le tout est toujours raconté dans une très belle langue , non dénuée de pointes d’humour .

Un petit bémol pour moi cependant concernant la lecture de ce dernier roman . A force de lire les livres de cette auteure, j’ai eu l’impression de relire Ce que je sais de Véra Candida ( et oui , les héroïnes des romans de Véronique Ovaldé ne s’appellent jamais Isabelle Dupont ou Nathalie Durand!) que j’avais vraiment beaucoup aimé . Alors, certes, ce dernier roman est bien écrit, mais j’ai eu cette fois ci plus de mal à accrocher car j’ai eu l’impression d’une énième variation autour du même personnage féminin. 

Donc si vous n’avez rien lu de Véronique Ovaldé, je vous conseille de lire soit Ce que je sais de Véra Candida ou bien La grâce des brigands mais peut être pas les deux …Et si vous tombez sur une interview à  la radio ou la télévision de cette auteure, n’hésitez pas, elle est franchement pétillante et hyper agréable à écouter .

La grâce des brigands – Véronique Ovaldé – 283 p.

En mer

Classé dans : Non classé — 30 juillet, 2014 @ 11:18

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Une petite croisière en bateau , cela vous tente ?

Embarquons alors avec Donald, sur son bateau vieux mais robuste . En apparence,  Donald est l’exemple même du loser : au bureau il est dépassé par des collègues plus jeunes, plus dynamiques que lui, et à la maison il sent bien qu’il n’est pas non plus à la hauteur . Quand son chef lui propose de faire un break de trois mois, Donald accepte et décide de partir naviguer seul en mer du Nord . Pour sa dernière étape, Maria, sa fille de sept ans le rejoindra à bord et ils rentreront ensemble à la maison . Mais lors d’une nuit de tempête, Maria disparaît du bateau .

Il est difficile d’en raconter davantage car le roman est court, donc je ne veux pas trop en dévoiler . J’ai aimé la tension qui monte dans ce récit à tel point qu’il est difficile de le lâcher avant d’en connaître la fin . J’ai trouvé attachant ce personnage masculin qui semble naviguer aux frontières de la folie . On ne peut que ressentir de l’empathie pour Donald qui est certes un peu maniaque et obsessionnel sur les bords mais qui s’avère surtout être un homme incapable de faire face à toute cette pression sociale , familiale et professionnelle que nous pouvons tous ressentir parfois .

Hagar, la femme de Donald, décrit très bien son mari  : « Elle pense à Donald. A ses efforts pour être un bon père. Donald fait toujours de son mieux, au maximum, pour tout.Au travail . A la maison . Pour elle . Pour Maria . Mais ce n’est jamais vraiment une réussite . Partout où il va, il sème sa propre angoisse . » ( p.147)

Donc, un petit roman court mais très dense qui a reçu le Prix Médicis étranger en 2013 et que je vous recommande vivement .

En mer – Toine Heijmans- 155p.

Fever

Classé dans : Mes livres chouchous — 28 juillet, 2014 @ 11:45

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Allez, avouez – le, en lisant le titre de ce nouveau post vous avez tout de suite pensé à ça :

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Je ne vais pas vous parler d’une chanson  ( je m’appelle Leshakili et non Leshakichante!) mais d’un roman que j’ai a-do-ré !

Fever raconte l’histoire de Mary Mallon , immigrée irlandaise à New York à la fin du 19° siècle et qui sera connue comme étant la première porteuse saine identifiée comme telle  de la fièvre typhoïde aux états-unis . Au départ blanchisseuse, elle se découvrira une passion pour la cuisine et sera embauchée comme cuisinière dans de grandes maisons bourgeoises américaines . Toute cette nourriture qu’elle touche véhiculera à son insu la maladie et parfois la mort .Mary sera démasquée et envoyée en quarantaine sur une petite île au large de Manhattan. Elle y passera trois ans puis, à l’issue de son procès, elle sera autorisée à reprendre une vie normale à condition de ne plus jamais exercer son métier . Obéissante au début, Mary finira par rompre sa promesse et transmettra de nouveau la maladie …

J’ai aimé la façon dont l’auteure dépeint cette femme de caractère, qui s’est battue pour sa liberté, et s’est aussi opposée à la chirurgie de l’époque ( qui s’apparentait plus à de la boucherie) . Mary semble certes antipathique mais lorsque sa relation avec Alfred, son compagnon, est évoquée, on perçoit sa sensibilité .

J’ai aimé aussi l’évocation du New York du début du 20° siècle : une ville encore en construction, où l’élévation d’ un immeuble de sept étages relevait de l’exploit . La description des rues de la ville, grouillantes de monde, sales, où les immigrés de toutes nationalités se côtoient est très réussie.

Ce roman dépeint aussi très bien les conditions de vie des petites gens de l’époque , de tous ceux qui travaillaient du matin jusqu’au soir, souvent sept jours sur sept en risquant parfois leur vie . A ce sujet, l’évocation de l’incendie de l’immeuble Triangle Shirtwaist est terrifiante.

Enfin, ce livre m’a donné envie d’en savoir plus sur cette Mary Mallon , surnommée « la femme la plus dangereuse de l’Amérique » et, d’après les documents que j’ai pu lire, elle était consciente de véhiculer la maladie, ce qui n’apparait pas dans une bonne partie du récit . Quoiqu’il en soit, cet état de porteuse saine lui aura fait passer vingt-six années de sa vie en quarantaine sur l’île de North Brother !

En bref, je ne peux que vous recommander de lire ce roman que j’ai refermé presque à regrets .

Fever – Mary Beth Keane – lu sur mon Kindle

Nous étions une histoire

Classé dans : Non classé — 13 juillet, 2014 @ 4:41

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Non, non , je n’ai pas fait de dépression post-partum lorsque Leshakili est arrivé dans ma vie même si j’ai parfois tendance à le considérer comme mon deuxième bébé ( au grand agacement du premier : l’ado est vite jaloux !) ! Trêve de plaisanterie , le sujet de Nous étions une histoire ne prête pas à sourire .

Anita, l’héroïne du roman, ne parvient pas à aimer son bébé qu’elle vient de mettre au monde.Tout ce bonheur qu’on lui avait prédit à la naissance de l’enfant ne vient pas. Elle n’y arrive pas et, excédée par les pleurs du nourrisson, elle envisage même le pire . C’est son compagnon, Louis, qui lui demandera alors de partir. Anita choisira d’aller à Marseille, où se trouve une partie de ses origines familiales . Elle partira sur les traces de sa grand-mère qui n’avait pas su se montrer aimante avec sa fille . Rosie, la mère d’Anita, n’a pas non plus toujours été  une mère présente et attentionnée. Est-ce ceci qui empêche Anita d’aimer son fils ? Ce n’est que lorsqu ‘Anita en aura fini d’explorer les rapports douloureux entre les mères et les filles de sa famille qu’elle pourra rentrer chez elle .

 Dans l’ensemble j’ai aimé le portrait de cette jeune mère incapable de faire face à la naissance de son bébé. Les descriptions des angoisses de la jeune maman sonnent juste ainsi que les passages qui décrivent son laisser aller physique à son retour de la maternité .

« Je traîne en pyjama dans la maison. Mes cheveux pendent, emmêlés, autour de mon visage hâve ». (p. 103)

J’ai cependant trouvé l’intrigue un peu mince. Le « secret » qui pèse sur ces femmes de la famille tourne un peu en boucle et j’ai eu l’impression que l’auteure avait étiré au maximum son propos pour parvenir à « tenir » un certain nombre de pages . D’ailleurs, la mise en page est à ce sujet intéressante : beaucoup de paragraphes sont très espacés , de nombreux chapitres se terminent en milieu de page et que dire de cette petite remarque de l’Homme qui , jetant un coup d’oeuil à ce que je lisais, s’est exclamé : »Tiens, tu lis des livres à gros caractères, maintenant! » …

Bref, une lecture agréable mais je m’attendais à quelque chose de plus consistant .

 

Nous étions une histoire – Olivia Elkaim- 251 p .

 

The fault in our stars

Classé dans : Non classé — 11 juillet, 2014 @ 3:11

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Je devais lire ce livre dans le cadre d’un prix littéraire de littérature jeunesse  et je dois avouer que, après avoir lu la quatrième de couverture,je retardais le moment de m’ y mettre. Ben oui , cette histoire d’ados atteints d’un cancer, plus ou moins en phase terminale, me faisait craindre le pire .Je m’attendais en fait à un gros mélo sirupeux, bourré de clichés sur la maladie et les amours adolescentes .  Cependant, je dois dire que j’ai été agréablement surprise . Alors, oui, bien sûr , la réalité du cancer est bien décrite . On a forcément le coeur qui se serre en imaginant la pauvre Hazel qui traine avec elle constamment sa bouteille à oxygène . On ressent de l’empathie face aux parents de ces jeunes confrontés à la maladie de leurs enfants . Mais surtout, que les personnages sont attachants ! Ils portent un regard lucide sur leur maladie, sur la vie, parfois avec une bonne dose de cynisme. Ce livre est aussi le livre des premières fois : premier baiser, premier vrai amour et on ne peut que se sentir tout attendri face à ces découvertes .

J’ai été aussi sensible au fait que ce roman aborde avec subtilité l’importance de la lecture . En effet, c’est un roman qui va rapprocher les deux personnages principaux et c’ est l’envie de savoir ce qui arrive après ce roman qui va les pousser à se battre afin de retarder au maximum l’échéance fatale qui les attend . La technique du roman dans le roman est toujours quelque chose que j’apprécie …

Enfin, je suis bluffée par l’auteur qui a réussi avec brio à se mettre dans la peau d’une narratrice de seize ans sans que cela sonne mièvre ou caricatural !

Je ne pense pas aller voir le film tiré de ce roman qui sortira en Août prochain sur nos écrans . D’une part c’est quelque chose que j’évite de faire lorsque j’ai lu le livre :je préfère garder dans ma tête mes propres images à moi. D’autre part, je connais déjà les passages « émotionnellement  difficiles » ( non , pas de « spoiler » ici!) et je ne souhaite pas les revivre !

The fault in our stars – John Green – 313 p.

 

Alex .

Classé dans : Non classé — 8 juillet, 2014 @ 10:37

alex

Pierre Lemaître, l’auteur d’Alex, a été récompensé l’an dernier par le Prix Goncourt pour Au revoir là haut mais il est aussi et peut- être avant tout un auteur de romans policiers . J’avais lu il y a quelques années  Robe de marié qui m’avait bien plu, donc lorsque je suis tombée, au détour des rayons de ma médiathèque sur Alex, je n’ai pas hésité .

Alex est une jeune femme dont on sait finalement peu de choses . Au début du roman elle est enlevée puis séquestrée dans un hangar désaffecté, enfermée dans une caisse en bois suspendue à deux mètres du sol . Qui l’a enlevée ? Et dans quel but ? La police peine à retrouver le moindre indice et l’enquête piétine . Au fil des pages, l’opinion que le lecteur se fait d’Alex oscille tout comme la cage dans laquelle elle est enfermée : Alex est- elle victime ou bourreau ? Et dans ce cas, de quoi cherche-t-on à la punir ?

J’ai  aimé le personnage très ambigu d’Alex mais aussi les policiers chargés de l’enquête . Le tout petit ( 1M45) commissaire Camille Verhoeven m’a souvent fait penser à Adamsberg, personnage passablement torturé des romans de Fred Vargas .( dans une moindre mesure tout de même, Adamsberg restant mon commissaire préféré!)

L’alternance des scènes décrivant la captivité ou la fuite d’Alex avec celle ou le lecteur suit l’enquête fait qu’il n’y a pas de temps mort, on tourne les pages rapidement pour savoir où tout cela va nous mener et j’avoue que je n’avais pas vu venir le dénouement . Je suis passée assez rapidement sur certaines scènes peu ragoutantes ( avec le tournevis notamment) mais il n’y en a pas énormément .

En bref, un roman divisé en trois actes, rempli de rebondissements, qui m’a tenue en haleine jusqu’au bout .

Pierre Lemaître a dit « Je ne cherche à écrire que des livres qu’Hitchcock aurait voulu filmer » et il y a fort à parier que le maître du suspense se serait régalé avec ce récit.

Alex- Pierre Lemaître -396 p.

 

Le bruit des autres

Classé dans : Non classé — 29 juin, 2014 @ 4:43

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J’avais très envie d’aimer ce livre, j’avais entendu de bonnes critiques,je l’avais réservé très tôt auprès de ma médiathèque … et puis j’ai été déçue .

L’histoire se passe de nos jours à New York . Célia, une jeune veuve, loue des appartements dans l’immeuble dont elle est propriétaire .Depuis la mort de son mari, elle se tient à distance de la vie et n’aspire qu’au calme,au silence, au respect de son intimité.  Elle choisi avec soin ses locataires afin que tous respectent la vie privée des autres . Et puis l’arrivée de Hope, à qui elle accepte un peu à contre coeur de louer un de ses appartements, va faire voler en éclats cette belle unité . A travers le parquet, Célia percevra les bruits de la vie pour le moins dissolue de cette nouvelle locataire. L’arrivée de Hope dans l’immeuble coïncidera aussi avec la disparition du vieux capitaine de ferry qui louait un des appartements…

J’attendais une ambiance un peu à la « Fenêtre sur cour » d’Hitchcock  mais ce ne fût pas le cas . Même si j’ai ressenti de l’empathie envers le personnage de Célia qui ne parvient pas à faire le deuil de son mari, j’ai eu du mal avec l’aspect décousu parfois de ses pensées mélangeant le passé et le présent. Je n’ai pas été non plus touchée par la relation très ambigue qu’elle se met à entretenir avec cette nouvelle locataire bruyante.L’auteure a une belle plume, les descriptions des errances de Célia dans la ville sont très agréables à lire mais il en est des livres comme avec les gens : parfois on n’accroche tout simplement pas …

Le bruit des autres – Amy Grace Loyd – 260p.

En vieillissant les hommes pleurent

Classé dans : Non classé — 26 juin, 2014 @ 9:22

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Un beau  roman dans lequel les portraits des personnages l’emportent sur l’intrigue . Ce récit nous dévoile la vie d’une famille française, le temps d’une journée, en Juillet 1961 . Il y a Albert, le père, ce taiseux qui à défaut de trouver les mots pour exprimer ses sentiments esquisse parfois des gestes tendres. Suzanne, la mère qui ne rêve que de modernité, fume des Royale,met des bigoudis dans ses cheveux et fera entrer la télévision dans le foyer . Le couple a deux garçons: l’aîné est le préféré de la mère et a été appelé sous les drapeaux en Algérie . Gilles, le cadet, lit énormément et se passionne pour Balzac . Et puis il y a Madeleine, la mère d’Albert qui vit avec eux . La vieille femme souffre d’Alzheimer,ne reconnait les siens qu’épisodiquement et sera oubliée sous le cerisier après le repas familial . Ce sont d’ailleurs les passages où Albert s’occupe de sa mère, moments pleins de grâce et de pudeur, qui m’ont le plus émue. On sent bien au cours du roman que tout ceci ne finira pas bien pour Albert, incapable de trouver sa place dans ce monde en pleine mutation et pourtant je n’ai pas été émue aux larmes. J’ai plus ressenti une sorte de mélancolie, comme lorsque l’on regarde une vieille photo aux bords dentelés ou bien lorsque l’on retrouve, au cours d’une brocante un objet familier du passé . D’ailleurs les objets,symboles de leur époque, ont une place très forte dans ce roman.Un passage en particulier traduit bien, pour moi,le regard que nous portons sur eux :

 » Et puis il n’y avait pas si longtemps encore Monsieur Job n’était que chiffonnier. Cette nouvelle religion de l’électroménager avait eu sur sa profession un avantage appréciable: si les impératifs du monde moderne étaient en train de provoquer une fracture définitive avec les objets du passé, ils avaient, du même coup, donné à son métier ses lettres de noblesse. Devenu des antiques choses, les objets les plus ordinaires de l’ancien temps lui permettraient bientôt de passer du statut peu enviable de chiffonnier à celui très reconnu d’antiquaire; brocanteur était juste une sorte de purgatoire dont il se contentait en attendant la consécration. » ( p.81)

En revanche, je n’ai pas accroché au dernier chapitre qui se déroule cinquante ans après l’intrigue principale et là,j’avoue, j’ai passé des pages …Même si ce chapitre met en perspective le reste du roman, je ne ressentais pas le besoin de savoir précisément l’origine du mal-être d’Albert.

En vieillissant les hommes pleurent – Jean-luc Seigle – 247 p.

Réparer les vivants

Classé dans : Mes livres chouchous — 22 juin, 2014 @ 2:14

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Ce récit aborde le douloureux thème du don d’organes et c’est avec une boule dans la gorge, les larmes affleurant souvent derrière les paupières, que je suis parvenue au bout de cette lecture .

Simon Limbres a dix-neuf ans. En rentrant au petit matin d’une session de surf avec des amis, il a un accident.Sa mort encéphalique est déclarée peu de temps après son arrivée à l’hôpital. Commence alors une course contre la montre afin de pouvoir prélever ses organes qui permettront à un autre de vivre.

Comment ne pas avoir le coeur serré en lisant ces passages où les parents doivent faire face à l’insoutenable : la mort de leur enfant ? Heureusement, Maylis de Kérangal parvient à alléger de temps en temps le récit en brossant le portrait de tous les personnages qui vont graviter autour de Simon : le chef de service, la jeune infirmière rivée à son portable dans l’attente d’un message de son amant et surtout l’infirmier responsable du service de transplantation à qui incombera la lourde tâche de parvenir à convaincre les parents de donner les organes de leur fils. Une phrase, lors de ce passage résonne encore en moi: « chaque individu étant un receveur présumé potentiel,était-il si illogique, si infondé, après tout, que chacun soit envisagé comme un donneur présumé après sa mort? » (p.128)

Je me suis énormément attachée aux personnages, ressentant une forte empathie avec les parents de Simon. L’auteure a réussi a trouver les mots justes pour décrire ce que l’on ressent avant d’avoir une terrible nouvelle  : « Marianne pensa soudain – une estafilade glacée – que, la prochaine fois qu’elle réintroduirait la clé dans la serrure,elle saurait exactement, pour Simon. »(p.50)

J’ai adoré le style à la fois poétique et technique de ce roman.L’auteure a dû faire un énorme travail de recherche pour parvenir à des descriptions aussi précises.

Un roman que j’ai donc adoré mais qui véhicule une telle charge émotionnelle qu’il vaut mieux le lire quand on va bien …

Réparer les vivants- Maylis de Kérangal – 280 p.

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