Leshakili

critiques de lecture

L’écrivain national

Classé dans : Non classé — 23 juillet, 2015 @ 11:37

écrivain

J’ai enfin réussi à mettre la main sur ce roman très souvent emprunté à ma médiathèque . Et oui, Leshakili est d’un caractère persévérant ! ( et pas seulement lorsqu’il s’agit de réclamer environ 20 fois de suite qu’on lui remplisse sa gamelle de croquettes…)

Alors, qui est cet écrivain national ? Il s’agit d’un romancier accueilli en résidence dans un bled paumé, un village imaginaire du centre de la France . A peine arrivé, il découvre que la presse locale s’enflamme pour un fait divers qui vient de se produire dans un hameau tout proche. Un dénommé Commodore,  richissime octogénaire et figure locale du coin, a disparu. Un couple de marginaux qui réside non loin est suspecté . L’homme a été interpellé avec des billets plein les poches et est en prison alors que la belle Dora, sa compagne, bien que très mal vue des habitants du coin , continue de vendre des livres d’occasion sur les marchés .

Notre écrivain national va alors s’intéresser de très près à ce fait divers, d’autant plus que Dora est loin de le laisser indifférent …Mais tout ceci n’est pas du goût de habitants du village .

J’ai aimé beaucoup de choses dans ce roman .

La première fût la façon dont Serge Joncour joue avec les codes . Nous sommes indéniablement dans une oeuvre de fiction et pourtant le personnage principal porte le même prénom que l’auteur et il exerce aussi le même métier que lui . Troublant, non ?

D’autre part, ce roman démarre comme un polar et pourtant ce n’en est pas un non plus .

Enfin , les petites touches gothiques qui émaillent le roman n’ont pas été sans me déplaire . Ainsi, p. 54-55 lorsque l’auteur revient à la mairie après être passé prendre une douche à son hôtel, tout est éteint, tout est désert … »comme s’il n’y avait personne derrière ces façades, aucun signe de vie, un simple décor de carton-pâte » alors qu’il a l’impression de s’être absenté quelques minutes . Le décor aussi renforce cette atmosphère pesante et cette forêt fait inévitablement penser à Beaudelaire et ses « Grands bois, vous m’effrayez comme des cathédrales » ( vers qui est d’ailleurs cité dans le roman) .

Je dois cependant avouer que l’intrigue policière m’est un peu passée au dessus de la tête, ainsi que l’attirance du personnage pour la belle Dora .

Mes pages préférées restent celles, très « Chabroliennes » (  » Chabrolesques »?  bon, à-la-Chabrol, quoi!) de l’évocation des habitants du village . Le livre est également rempli d’humour . Ainsi, l’interrogatoire de l’écrivain par le gendarme ferait presque penser à un sketch de Raymond Devos .

Le roman nous interroge aussi sur le rôle  et la place de l’écrivain  .  Doit il être considéré comme la star du banquet ou bien comme un type normal, qui tombe amoureux, qui se rapproche plus du loser parfois ? 

Donc globalement un bon moment de lecture (sans toutefois être un coup de coeur) .

L’écrivain national – Serge Joncour – 390 p.

Une part de ciel

Classé dans : Non classé — 10 juillet, 2015 @ 12:11

ciel

Et une part de beau ciel  tout bleu, même!

De Claudie Gallay j’avais déjà lu Seule Venise et Les Déferlantes qui m’avaient beaucoup plu . C’est donc avec la certitude de me plonger dans un bon livre que j’ai entamé Une part de ciel.

Le roman s’ouvre avec le retour de Carole dans son village natal du massif de la Vanoise . Elle a reçu peu de temps auparavant une boule à neige, signe que son père, Curtil va bientôt revenir au pays . Là, elle retrouve Philippe et Gaby son frère et sa soeur qui n’ont jamais quitté le village . Philippe est garde forestier et Gaby, une sorte de marginale qui vit seule dans un bungalow et élève une gamine qui n’est pas la sienne . Tous deux ont également reçu une boule à neige envoyée par leur père .

Commence alors la longue attente . Et c’est ce qui a fini par me lasser dans ce livre . Est-ce-qu’avec l’âge on devient moins patient ? ( bon, j’avoue, même plus jeune cela n’a jamais été mon fort !)Dans Une part de ciel, tout le monde attend quelque chose . Le retour du père, bien sûr, mais aussi que la neige tombe, Gaby attend le retour de son homme qui est en prison, La Baronne attend une réponse pour son chenil et Marius le petit garçon attend on ne sait quoi, assis sur son tourniquet … bref, toute cette attente a fini par me lasser .

Pourtant j’aime toujours autant le style de Claudie Gallay, sa façon de  créer une atmosphère  et de savoir si bien rendre compte de la complexité des liens familiaux mais j’avoue que là … non,je n’ai pas accroché . Quand on se surprend à feuilleter le livre pour voir le nombre de pages qu’il reste ENCORE à lire, c’est plutôt mauvais signe, non ?

Ce n’était peut être tout simplement pas le bon moment pour ce livre, tant pis !

Une part de ciel - Claudie Gallay – 445 p. ( survolées à partir de la moitié !)

 

Je suis un dragon

Classé dans : Non classé — 8 juillet, 2015 @ 4:48

dragon

Et bien voilà, à force de regarder Game of Thrones avec ses maîtres, Leshakili a fini par se prendre pour un dragon . Manquerait plus qu’il vole, maintenant ! Et s’il se met à cracher du feu, ça pourra toujours nous servir pour allumer le barbecue …

Le personnage principal de Je suis un dragon est Margot et on peut dire que cette gamine n’a pas de chance . Ses parents sont assassinés sous ses yeux le jour de son anniversaire  ( on ne saura d’ailleurs jamais bien la raison de ce double meurtre ) et son caractère timide et introverti font d’elle la risée des autres élèves du collège . Un jour Margot décide de se rebeller et découvre rapidement qu’elle est invincible . Très rapidement repérée par les hautes autorités françaises et américaines, elle sera mise à contribution pour sauver des vies . Les choses vont se gâter lorsqu’elle se rendra compte qu’elle est manipulée et qu’on veut lui faire faire des choses qu’elle réprouve .

Mon avis sur ce roman est assez mitigé . J’avais lu avant de le commencer de nombreuses critiques très positives, alors forcément, la barre était haute !

Je trouve tout d’abord l’allusion au dragon peu évidente . Oui elle vole, and so what ? Les coccinelles aussi . Cela dit « Je suis une coccinelle » serait sûrement moins vendeur, comme titre ! Est-ce pour faire allusion au côté bestial de Margot ? ( j’espère que la scène de carnage du début dans le collège ne donnera pas d’idées saugrenues à nos ados !) 

D’autre part, le « Je » contenu dans le titre m’a fait croire que j’allais lire un récit à la première personne et en fait pas du tout ! J’ai donc ressenti une espèce de distance face à la jeune Margot et ceci m’a gênée pour entrer vraiment dans le livre .

Je suis malgré tout allée jusqu’au bout du livre et la fin m’a agacée aussi : beaucoup trop Bisounours pour Leshakili, tout ça!

A part cela, la difficulté  du passage à l’âge adulte, le sentiment de ne pas faire partie d’un groupe , le besoin de transgresser, la soif de liberté, bref tous ces thèmes liés à l’adolescence sont très bien évoqués. Le style est concis, les chapitres courts, donc le livre se lit rapidement . ( il faut préciser aussi qu’il est clairement ciblé « littérature jeunesse »)

Cependant,  moi qui ne suis absolument pas une adepte des super-héros j’ai eu un peu de mal à apprécier ce livre qui a pourtant l’air de remporter un franc succès. 

Je suis un dragon – Martin Page ( Pit Agarmen) 277 p.

The girl on the train

Classé dans : Non classé — 27 juin, 2015 @ 12:25

train2

Tout le monde en parle, tout le monde l’a lu, et puisque Leshakili a parfois un côté mouton (  non, je ne parle pas des frisettes!), et bien il a finit par le lire aussi !

Rachel est le personnage principal de ce roman . A la suite d’un mariage raté, puis d’un divorce, elle vit en colocation avec une amie dans la banlieue de Londres. Ne voulant surtout pas avouer qu’elle a été renvoyée de son travail pour des soucis d’alcool, elle tente de donner le change en prenant tous les matin le train de 8h04 à destination de la capitale . Assise toujours à la même place, elle regarde la vie des gens défiler derrière la fenêtre du train. Un arrêt régulier sur la voie lui permet d’observer un jeune couple en particulier. Ces deux là représentent pour elle le couple idéal et la renvoient douloureusement à son passé, au couple qu’elle même formait avec son mari avant qu’il ne la quitte pour une autre femme . Elle leur a même inventé des noms : pour elle, ils sont Jess et Jason .

Or, un matin, elle voit « sa »Jess en train d’embrasser un autre homme que « son » Jason . Quelques jours plus tard, elle apprend que la jeune femme, qui se prénomme en réalité Megan Hipwell a disparu. Rachel va alors tenter d’éclaircir ce mystère. mais il n’est pas simple d’interroger et de convaincre les gens ( et la police!) quand une solide réputation de pochtronne vous colle à la peau !

J’ai un avis assez mitigé sur ce roman . En effet, j’ai bien aimé le côté  » fenêtre sur cour » du début du livre : observer la vie des gens à travers une vitre, leur inventer une histoire…

De même, j’apprécie en général les romans polyphoniques. Ici, ce sont trois voix de femmes qui alternent : Rachel, la narratrice principale , Megan, la femme disparue et Anna, la nouvelle compagne de l’ex de Rachel . Un point de vue différent sur les mêmes évènements est toujours quelque chose d’intéressant à lire .

Enfin, au delà du polar, ce roman aborde bien des thèmes de notre société actuelle: la maternité, la stérilité, la manipulation ,l’alcoolisme au féminin …

Cependant, plusieurs choses m’ont agacée dans ce roman . Tout d’abord le côté midinette de Rachel face à celui qu’elle appelle Jason . Sans vouloir être mauvaise langue, on se croirait parfois dans un roman de Barbara Cartland !

D’autre part, sans être une grande spécialiste du polar, j’avais trouvé le nom du coupable à la moitié du roman . La suite de ma lecture n’a donc été qu’une vérification sans surprise de mon hypothèse .

  Si The girl on the train  est parfois comparé à Gone girl,  le roman de Gillian Flynn m’avait vraiment tenue en haleine car il est, pour moi, très nettement au dessus question suspens et traitement des personnages.

Donc une lecture plaisante mais pas inoubliable .

The girl on the train - Paula Hawkins – 320p.

Et ce roman constitue ma cinquième participation pour le mois anglais … j’avais prévu de lire plus mais le temps file si vite … Je tenterai de faire mieux la prochaine fois !

moisanglais

The unlikely pilgrimage of Harold Fry

Classé dans : Non classé — 17 juin, 2015 @ 9:53

harold

Hop, c’est le mois de Juin, il fait beau ( enfin c’est vite dit!) , profitons en pour partir en ballade !

Harold Fry a 65 ans, ce gentil retraité vit avec sa femme, Maureen, dans le Devon et reçoit un mardi une lettre qui va changer sa vie . Sa vieille amie et collègue Queenie qu’il n’a pas revue depuis plus de 20 ans lui écrit pour lui annoncer qu’elle se meurt d’un cancer au fin fond d’un hôpital non loin de la frontière écossaise .

Sans trop réfléchir, Harold décide alors de traverser l’Angleterre à pied ( près de mille kilomètres tout de même)   pour lui faire ses adieux et peut être la sauver .

Cette marche sera l’occasion pour Harold de réfléchir sur lui, sur son couple qui bat sérieusement de l’aile, sur son fils . Très vite relayée par les réseaux sociaux, la marche d’Harold draine bientôt les foules qui vont vouloir l’accompagner dans son étrange pèlerinage.

J’ai bien aimé cette lecture que j’ai trouvée facile, plaisante et divertissante . Harold est un gentil personnage un peu malmené par la vie .  De ce roman émane le charme « so British » de la campagne anglaise . La fin est cependant un peu trop larmoyante à mon goût.

Enfin un petit conseil de Leshakili qui est un grand randonneur ( il fait quand même le tour de son jardin dans un sens puis dans l’autre tous les matins!) si vous souhaitez traverser l’Angleterre à pied, ne faites pas comme Harold qui marche en  chaussures bateau  ( sérieusement, qui porte encore des  bateaux à part les retraités anglais ???) , achetez vous de vraies pompes de rando !

The unlikely pilgrimage of Harold Fry – Rachel Joyce – 295 pages.

moisanglais

 

A rare interest in corpses

Classé dans : Non classé — 12 juin, 2015 @ 7:45

rare

Pour sa toute première lecture commune au cours du mois anglais, Leshakili a donc choisi un roman d’Ann Granger .

Dans l’Angleterre victorienne, Elizabeth Martin, jeune fille de bonne famille, se voit contrainte, à la mort de son père, de trouver un emploi afin de subvenir à ses besoins. Elle quitte donc son Derbyshire natal pour se rendre à Londres et devenir « dame de compagnie » chez une riche veuve . A son arrivée, elle apprend que la jeune fille qui tenait ce rôle avant elle, et qui avait disparu depuis quelques mois, vient d’être retrouvée assassinée.D’un esprit vif et curieux,  Lizzie se retrouve rapidement impliquée dans la recherche du meurtrier, d’autant plus que le jeune inspecteur qui s’occupe de l’enquête s’avère être quelqu’un qu’elle a brièvement rencontré dans son enfance et  qui vient donc du même village qu’elle .

Je ne connaissais pas du tout Ann Granger et ce roman est une agréable surprise . Premièrement, je n’ai pas à me laisser convaincre longtemps lorsque la toile de fond est l’époque victorienne, ce qui est le cas ici .L’évocation des pavés de Londres parcourus par les calèches,l’agitation de cette grande ville où les riches côtoient les pauvres, les relations entre les maîtres et leurs serviteurs… tout ceci me plaît bien en général.

Les personnages sont bien campés et Lizzie est une jeune femme attachante : déterminée et lucide , son franc-parler  détonne dans  cette periode pré-feministe où les femmes n’avaient bien souvent que le mariage pour seul horizon.

Enfin cela n’aura échappé à personne que tout ce qui se passe à Londres a de grande chances de me plaire.La toile de fond de ce roman étant la construction de la gare Saint Pancras ( dont j’adore l’architecture ) ce roman m’a incitée à me documenter sur Agar Town dont je n’avais jamais entendu parler .

Le tout forme un roman charmant, sans prise de tête, qui se lit assez vite et dont l’intérêt pour moi fût surtout sociologique. En effet l’identité du meurtrier semble assez vite logique.

Un petit bémol cependant, j’ai trouvé la fin interminable et même un tantinet rocambolesque.

On comprend assez vite que A rare interest in corpses  est probablement le premier opus d’une série d’enquêtes policières dans lesquelles Lizzie et Ben Ross ( le jeune détective) vont faire équipe . Et pas forcément au niveau professionnel si vous voyez ce que je veux dire … mais je m’égare …

Bref, une lecture plaisante, aux personnages bien ancrés dans leur époque . Je suis bien tentée de lire les autres romans de cette auteure … mais pas forcément tout de suite .

A rare interest in corpses – ( Un intérêt particulier pour les morts)- Ann Granger ( lu sur mon Kindle)

moisanglais

 

Life after life

Classé dans : Mes livres chouchous — 6 juin, 2015 @ 8:45

life

Impossible de participer au mois anglais sans parler d’un roman de Kate Atkinson qui est pour moi une valeur sûre. J’ai lu quasiment tous ses livres et n’ai jamais eu aucune déception. Celui-ci, qui est son avant-dernier roman, est un vrai coup de coeur .

11 Février 1910, chez une famille de la petite bourgeoisie anglaise,en plein coeur d’une tempête de neige,  la petite Ursula Todd naît pour mourir aussitôt .

De nouveau le 11 Février 1910,dans cette même famille, au coeur de cette même tempête de neige,  la petite Ursula naît mais cette fois -ci, elle vit .

Tout au long de ce long roman ( 610 pages quand même!) l’auteur fait ainsi successivement mourir son personnage central de diverses manières pour la faire renaître et vivre une vie légèrement différente . Ursula devenue adulte finira par pressentir qu’elle a déjà vécu d’autres vies  ( ce sentiment de « déjà vu » prononcé d’une manière si délicieuse par les anglais !)  et décidera d’empêcher la guerre en tuant Adolf Hitler à la fin des années 30.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le thème de ce livre n’est pas franchement le réincarnation. Non, il s’agit plus d’un témoignage sur la vie anglaise dans la première moitié du 20°siècle.

J’ai tout aimé dans ce livre : sa structure  où l’histoire revient en arrière pour explorer une autre piste qu’aurait pu prendre la vie d’Ursula . On sent que l’auteur s’amuse à changer un détail par ci, un autre par là comme un clin d’oeil au lecteur .

Les personnages sont très bien décrits : Maurice, le peu sympathique frère aîné d’Ursula, Sylvie, sa mère parfois fantasque , la plus fantasque encore Izzie, tante d’Ursula …Même les chiens ont une place dans ce roman avec chacun une personnalité différente !

Si la première partie du livre qui nous présente la jeunesse d’Ursula dans la campagne anglaise est plaisante, j’ai vraiment accroché à la deuxième qui se déroule pendant le Blitz de Londres et ces chapîtres m’ont donné envie de chercher d’autres  lectures  ayant pour toile de fond ce terrible épisode de l’Histoire .

Kate Atkinson fait alterner le tragique et le comique et il est difficile de lâcher le roman tant on a envie de savoir ce qui va bien encore pouvoir arriver à Ursula .

Alors bien sûr il est difficile de ne pas penser au film « Smoking/No Smoking d’Alain Resnais ( basé d’ailleurs sur la pièce Intimate Exchange du dramaturge britannique Alan Ayckbourn) ( ils sont trop forts ces anglais …) mais réussir à développer ce thème dans un roman aussi long sans ennuyer le lecteur … j’ai bien envie de dire : chapeau, Mrs Atkinson!

Life after life ( Une vie après l’autre) Kate Atkinson – (610 pages)

moisanglais

Pigeon English

Classé dans : Non classé — 1 juin, 2015 @ 7:39

DSC05608

Pour ce premier jour du mois anglais, je vous emmène directement dans la banlieue de Londres où vit Harrison Opuku, un gamin de onze ans récemment immigré du Ghana . Harrison( dit Harri) vit ici avec sa mère et sa grande soeur tandis que son père, sa grand-mère et sa toute petite soeur sont restés au pays en attendant d’avoir l’argent nécessaire pour se payer le voyage vers la Grande -Bretagne.

Le petit garçon est émerveillé par tout ce qu’il découvre :le métro londonien, les téléphones portables, les baskets de marque que portent les autres gamins de son école … Mais cette banlieue défavorisée est aussi un univers très violent rempli de junkies, de prostituées et de gangs dont les membres sont prompts à dégainer le couteau . C’est ainsi qu’au début du livre une vague connaissance d’Harri est retrouvé mort poignardé. Le jeune garçon va alors se mettre en tête de découvrir, à l’aide d’un ami, l’identité du meurtrier . Evidemment un gamin qui fouine ainsi un peu partout à la recherche de la vérité va vite s’attirer des ennuis …

Ce roman n’est pas vraiment un roman policier puisque la solution de l’enquête ( qui a poignardé un adolescent?) finalement importe peu . C’est avant tout l’occasion pour l’auteur de nous plonger dans un univers où règnent la pauvreté, la violence, les difficultés d’intégration que peuvent rencontrer les immigrés. Un univers donc bien loin des  charmants et si cosy B&B  de la campagne anglaise ou même encore des clichés touristiques de Londres . La grande force de ce roman, à mon avis, est d’avoir évité le côté trop didactique de ce type de sujets en faisant voir les choses du point de vue d’un gamin qui ouvre sur ce monde un oeil souvent candide .

J’ai aimé ce petit Harri qui s’émerveille si facilement de choses qui pour nous font partie de la vie au quotidien dans un pays dit « développé »  et j’ai été émue de le voir grandir dans cet endroit qui n’est décidément pas fait pour un enfant . Le titre m’a tout de suite interpellée : l’auteur joue en effet sur la sonorité en anglais entre « pigeon » et « pidgin » qui est un terme utilisé pour un anglais imparfait, l’équivalent en France du péjoratif  « parler petit-nègre » .Et le pigeon alors ? Il y en a bien un, qui vient régulièrement se poser sur le balcon du petit appartement ou vit Harri . Le volatile lui sert à la fois de confident et d’ange gardien .

Je vous recommande donc ce roman doux-amer au personnage si attachant à condition d’aimer les histoires dont le narrateur est un enfant et si vous souhaitez  le lire en VO, sachez qu’il peut être un peu difficile parfois car il est rempli de ce « pidgin English » et d’argot anglais qui ont dû rendre ardu le travail du traducteur français .

Pigeon English ( Le Pigeon Anglais) – Stephen Kelman – 263P.

moisanglais

Le mois anglais !

Classé dans : Non classé — 26 mai, 2015 @ 4:37

Vous ne pouvez imaginer la réaction de Leshakili lorsqu’il a découvert l’annonce du mois anglais chez Titine , Lou et Cryssilda .

D’ailleurs, cela ressemblait à peu près à cela :  (si vous cliquez sur la photo de Winston, mon neveu, vous verrez qu’il a totalement perdu son phlegme britannique)

wzns06u6

Oui, bon, les intimes de Leshakili vont pouvoir se gausser : quoi, le MOIS anglais? Non mais tu rigoles (WTF dirait mon ado dont c’est l’expression favorite en ce moment  …), chez toi c’est TOUS LES MOIS le mois anglais !!!

Certes, j’en conviens, mais quand même, c’est extrêmement jubilatoire de ne lire QUE des livres anglais pendant un mois tout en disant l’air faussement penaud : « Ah ben sorry, je lirais bien autre chose, mais j’peux pô, je participe au challenge du mois anglais, là. »

Rendez-vous donc ici dès le 1er Juin : vive le mois de Juin et vive le mois anglais !

moianglais

Les Arpenteurs

Classé dans : Mes livres chouchous — 17 mai, 2015 @ 12:48

arpenteurs

John Gload a soixante-dix-sept ans et il vient d’être emmené dans une prison du Montana . Son crime ? Ses crimes, plutôt! Le vieillard est accusé d’avoir assassiné plusieurs personnes et ce depuis longtemps puisque sa première victime croisa sa route alors que le tueur n’était encore qu’un jeune garçon.

Val Millimaki , le jeune adjoint du shérif, est de garde toutes les nuits dans cette prison. De part et d’autre des barreaux, au fil des nuits, moment propice aux confessions, un lien va finir par se nouer entre les deux hommes …

Autant vous le dire tout de suite, j’ai adoré ce roman . J’ai très vite imaginé le film que l’on pourrait en faire et je ne sais pas pourquoi, dans le rôle du vieux tueur, tout en lisant le livre, j’avais Jonathan Banks en tête . ( Mais si, celui qui joue Mike dans Breaking Bad) ( Quoi, vous n’avez pas vu Breaking Bad ? Filez tout de suite voir cette série!)

Mais nous ne sommes pas ici pour causer cinéma. (même si Leshakili se verrait bien monter les marches du palais des festivals de Cannes) ( et pas de problème de petite culotte pour lui, Leshakili n’en porte pas !)

Moi qui me plaint souvent de de pas trouver de beaux personnages masculins, j’ai été servie . John et Val, ces deux hommes que tout oppose ont pourtant un point commun qui remonte à leur enfance . Ils ont tous les deux perdu un de leur parent de manière violente . Ce traumatisme les fera évoluer vers deux trajectoires diamétralement opposées : John n’aura de cesse de détruire des vies alors que Val s’emploiera à les sauver .

Si le personnage du tueur est fascinant, celui du jeune adjoint au shérif est attendrissant . Il semble vraiment être le loser parfait : son mariage bat sérieusement de l’aile, il s’avère incapable de communiquer avec sa femme qu’il aime pourtant et à chaque fois qu’on l’appelle pour retrouver une personne disparue, il ne retrouve qu’un cadavre .

Le livre est vraiment très bien écrit, la langue est à la fois riche et fluide . L’auteur a choisi comme cadre pour son roman le Montana, cet état où la nature est sauvage et impitoyable pour les hommes qui s’y perdent .Si le rythme peut paraître lent, à aucun moment on ne s’ennuie dans Les Arpenteurs et le final est si bien mené que l’on referme le livre apaisé, en ayant le sentiment d’avoir lu un excellent roman .

Les Arpenteurs - Kim Zupan- 272 p.

Aucun animal n’étant jamais maltraité chez Leshakili, les tapettes à souris n’ont été achetées que pour la photo . Et devinez qui a réussi à sérieusement se pincer le doigt en les installant ?

 

 

12345...12
 

Vieuxbougon |
Lalou Raconte |
L'univers de Shamira |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Moja opinia o wydarzeniach
| Concourslecture2013
| Papillonsdevie