Leshakili

critiques de lecture

Archive pour la catégorie 'Non classé'

En mer

Posté : 30 juillet, 2014 @ 11:18 dans Non classé | Pas de commentaires »

mer

Une petite croisière en bateau , cela vous tente ?

Embarquons alors avec Donald, sur son bateau vieux mais robuste . En apparence,  Donald est l’exemple même du loser : au bureau il est dépassé par des collègues plus jeunes, plus dynamiques que lui, et à la maison il sent bien qu’il n’est pas non plus à la hauteur . Quand son chef lui propose de faire un break de trois mois, Donald accepte et décide de partir naviguer seul en mer du Nord . Pour sa dernière étape, Maria, sa fille de sept ans le rejoindra à bord et ils rentreront ensemble à la maison . Mais lors d’une nuit de tempête, Maria disparaît du bateau .

Il est difficile d’en raconter davantage car le roman est court, donc je ne veux pas trop en dévoiler . J’ai aimé la tension qui monte dans ce récit à tel point qu’il est difficile de le lâcher avant d’en connaître la fin . J’ai trouvé attachant ce personnage masculin qui semble naviguer aux frontières de la folie . On ne peut que ressentir de l’empathie pour Donald qui est certes un peu maniaque et obsessionnel sur les bords mais qui s’avère surtout être un homme incapable de faire face à toute cette pression sociale , familiale et professionnelle que nous pouvons tous ressentir parfois .

Hagar, la femme de Donald, décrit très bien son mari  : « Elle pense à Donald. A ses efforts pour être un bon père. Donald fait toujours de son mieux, au maximum, pour tout.Au travail . A la maison . Pour elle . Pour Maria . Mais ce n’est jamais vraiment une réussite . Partout où il va, il sème sa propre angoisse . » ( p.147)

Donc, un petit roman court mais très dense qui a reçu le Prix Médicis étranger en 2013 et que je vous recommande vivement .

En mer – Toine Heijmans- 155p.

Nous étions une histoire

Posté : 13 juillet, 2014 @ 4:41 dans Non classé | 3 commentaires »

histoire

Non, non , je n’ai pas fait de dépression post-partum lorsque Leshakili est arrivé dans ma vie même si j’ai parfois tendance à le considérer comme mon deuxième bébé ( au grand agacement du premier : l’ado est vite jaloux !) ! Trêve de plaisanterie , le sujet de Nous étions une histoire ne prête pas à sourire .

Anita, l’héroïne du roman, ne parvient pas à aimer son bébé qu’elle vient de mettre au monde.Tout ce bonheur qu’on lui avait prédit à la naissance de l’enfant ne vient pas. Elle n’y arrive pas et, excédée par les pleurs du nourrisson, elle envisage même le pire . C’est son compagnon, Louis, qui lui demandera alors de partir. Anita choisira d’aller à Marseille, où se trouve une partie de ses origines familiales . Elle partira sur les traces de sa grand-mère qui n’avait pas su se montrer aimante avec sa fille . Rosie, la mère d’Anita, n’a pas non plus toujours été  une mère présente et attentionnée. Est-ce ceci qui empêche Anita d’aimer son fils ? Ce n’est que lorsqu ‘Anita en aura fini d’explorer les rapports douloureux entre les mères et les filles de sa famille qu’elle pourra rentrer chez elle .

 Dans l’ensemble j’ai aimé le portrait de cette jeune mère incapable de faire face à la naissance de son bébé. Les descriptions des angoisses de la jeune maman sonnent juste ainsi que les passages qui décrivent son laisser aller physique à son retour de la maternité .

« Je traîne en pyjama dans la maison. Mes cheveux pendent, emmêlés, autour de mon visage hâve ». (p. 103)

J’ai cependant trouvé l’intrigue un peu mince. Le « secret » qui pèse sur ces femmes de la famille tourne un peu en boucle et j’ai eu l’impression que l’auteure avait étiré au maximum son propos pour parvenir à « tenir » un certain nombre de pages . D’ailleurs, la mise en page est à ce sujet intéressante : beaucoup de paragraphes sont très espacés , de nombreux chapitres se terminent en milieu de page et que dire de cette petite remarque de l’Homme qui , jetant un coup d’oeuil à ce que je lisais, s’est exclamé : »Tiens, tu lis des livres à gros caractères, maintenant! » …

Bref, une lecture agréable mais je m’attendais à quelque chose de plus consistant .

 

Nous étions une histoire – Olivia Elkaim- 251 p .

 

The fault in our stars

Posté : 11 juillet, 2014 @ 3:11 dans Non classé | 4 commentaires »

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Je devais lire ce livre dans le cadre d’un prix littéraire de littérature jeunesse  et je dois avouer que, après avoir lu la quatrième de couverture,je retardais le moment de m’ y mettre. Ben oui , cette histoire d’ados atteints d’un cancer, plus ou moins en phase terminale, me faisait craindre le pire .Je m’attendais en fait à un gros mélo sirupeux, bourré de clichés sur la maladie et les amours adolescentes .  Cependant, je dois dire que j’ai été agréablement surprise . Alors, oui, bien sûr , la réalité du cancer est bien décrite . On a forcément le coeur qui se serre en imaginant la pauvre Hazel qui traine avec elle constamment sa bouteille à oxygène . On ressent de l’empathie face aux parents de ces jeunes confrontés à la maladie de leurs enfants . Mais surtout, que les personnages sont attachants ! Ils portent un regard lucide sur leur maladie, sur la vie, parfois avec une bonne dose de cynisme. Ce livre est aussi le livre des premières fois : premier baiser, premier vrai amour et on ne peut que se sentir tout attendri face à ces découvertes .

J’ai été aussi sensible au fait que ce roman aborde avec subtilité l’importance de la lecture . En effet, c’est un roman qui va rapprocher les deux personnages principaux et c’ est l’envie de savoir ce qui arrive après ce roman qui va les pousser à se battre afin de retarder au maximum l’échéance fatale qui les attend . La technique du roman dans le roman est toujours quelque chose que j’apprécie …

Enfin, je suis bluffée par l’auteur qui a réussi avec brio à se mettre dans la peau d’une narratrice de seize ans sans que cela sonne mièvre ou caricatural !

Je ne pense pas aller voir le film tiré de ce roman qui sortira en Août prochain sur nos écrans . D’une part c’est quelque chose que j’évite de faire lorsque j’ai lu le livre :je préfère garder dans ma tête mes propres images à moi. D’autre part, je connais déjà les passages « émotionnellement  difficiles » ( non , pas de « spoiler » ici!) et je ne souhaite pas les revivre !

The fault in our stars – John Green – 313 p.

 

Alex .

Posté : 8 juillet, 2014 @ 10:37 dans Non classé | 1 commentaire »

alex

Pierre Lemaître, l’auteur d’Alex, a été récompensé l’an dernier par le Prix Goncourt pour Au revoir là haut mais il est aussi et peut- être avant tout un auteur de romans policiers . J’avais lu il y a quelques années  Robe de marié qui m’avait bien plu, donc lorsque je suis tombée, au détour des rayons de ma médiathèque sur Alex, je n’ai pas hésité .

Alex est une jeune femme dont on sait finalement peu de choses . Au début du roman elle est enlevée puis séquestrée dans un hangar désaffecté, enfermée dans une caisse en bois suspendue à deux mètres du sol . Qui l’a enlevée ? Et dans quel but ? La police peine à retrouver le moindre indice et l’enquête piétine . Au fil des pages, l’opinion que le lecteur se fait d’Alex oscille tout comme la cage dans laquelle elle est enfermée : Alex est- elle victime ou bourreau ? Et dans ce cas, de quoi cherche-t-on à la punir ?

J’ai  aimé le personnage très ambigu d’Alex mais aussi les policiers chargés de l’enquête . Le tout petit ( 1M45) commissaire Camille Verhoeven m’a souvent fait penser à Adamsberg, personnage passablement torturé des romans de Fred Vargas .( dans une moindre mesure tout de même, Adamsberg restant mon commissaire préféré!)

L’alternance des scènes décrivant la captivité ou la fuite d’Alex avec celle ou le lecteur suit l’enquête fait qu’il n’y a pas de temps mort, on tourne les pages rapidement pour savoir où tout cela va nous mener et j’avoue que je n’avais pas vu venir le dénouement . Je suis passée assez rapidement sur certaines scènes peu ragoutantes ( avec le tournevis notamment) mais il n’y en a pas énormément .

En bref, un roman divisé en trois actes, rempli de rebondissements, qui m’a tenue en haleine jusqu’au bout .

Pierre Lemaître a dit « Je ne cherche à écrire que des livres qu’Hitchcock aurait voulu filmer » et il y a fort à parier que le maître du suspense se serait régalé avec ce récit.

Alex- Pierre Lemaître -396 p.

 

Le bruit des autres

Posté : 29 juin, 2014 @ 4:43 dans Non classé | 2 commentaires »

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J’avais très envie d’aimer ce livre, j’avais entendu de bonnes critiques,je l’avais réservé très tôt auprès de ma médiathèque … et puis j’ai été déçue .

L’histoire se passe de nos jours à New York . Célia, une jeune veuve, loue des appartements dans l’immeuble dont elle est propriétaire .Depuis la mort de son mari, elle se tient à distance de la vie et n’aspire qu’au calme,au silence, au respect de son intimité.  Elle choisi avec soin ses locataires afin que tous respectent la vie privée des autres . Et puis l’arrivée de Hope, à qui elle accepte un peu à contre coeur de louer un de ses appartements, va faire voler en éclats cette belle unité . A travers le parquet, Célia percevra les bruits de la vie pour le moins dissolue de cette nouvelle locataire. L’arrivée de Hope dans l’immeuble coïncidera aussi avec la disparition du vieux capitaine de ferry qui louait un des appartements…

J’attendais une ambiance un peu à la « Fenêtre sur cour » d’Hitchcock  mais ce ne fût pas le cas . Même si j’ai ressenti de l’empathie envers le personnage de Célia qui ne parvient pas à faire le deuil de son mari, j’ai eu du mal avec l’aspect décousu parfois de ses pensées mélangeant le passé et le présent. Je n’ai pas été non plus touchée par la relation très ambigue qu’elle se met à entretenir avec cette nouvelle locataire bruyante.L’auteure a une belle plume, les descriptions des errances de Célia dans la ville sont très agréables à lire mais il en est des livres comme avec les gens : parfois on n’accroche tout simplement pas …

Le bruit des autres – Amy Grace Loyd – 260p.

En vieillissant les hommes pleurent

Posté : 26 juin, 2014 @ 9:22 dans Non classé | 2 commentaires »

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Un beau  roman dans lequel les portraits des personnages l’emportent sur l’intrigue . Ce récit nous dévoile la vie d’une famille française, le temps d’une journée, en Juillet 1961 . Il y a Albert, le père, ce taiseux qui à défaut de trouver les mots pour exprimer ses sentiments esquisse parfois des gestes tendres. Suzanne, la mère qui ne rêve que de modernité, fume des Royale,met des bigoudis dans ses cheveux et fera entrer la télévision dans le foyer . Le couple a deux garçons: l’aîné est le préféré de la mère et a été appelé sous les drapeaux en Algérie . Gilles, le cadet, lit énormément et se passionne pour Balzac . Et puis il y a Madeleine, la mère d’Albert qui vit avec eux . La vieille femme souffre d’Alzheimer,ne reconnait les siens qu’épisodiquement et sera oubliée sous le cerisier après le repas familial . Ce sont d’ailleurs les passages où Albert s’occupe de sa mère, moments pleins de grâce et de pudeur, qui m’ont le plus émue. On sent bien au cours du roman que tout ceci ne finira pas bien pour Albert, incapable de trouver sa place dans ce monde en pleine mutation et pourtant je n’ai pas été émue aux larmes. J’ai plus ressenti une sorte de mélancolie, comme lorsque l’on regarde une vieille photo aux bords dentelés ou bien lorsque l’on retrouve, au cours d’une brocante un objet familier du passé . D’ailleurs les objets,symboles de leur époque, ont une place très forte dans ce roman.Un passage en particulier traduit bien, pour moi,le regard que nous portons sur eux :

 » Et puis il n’y avait pas si longtemps encore Monsieur Job n’était que chiffonnier. Cette nouvelle religion de l’électroménager avait eu sur sa profession un avantage appréciable: si les impératifs du monde moderne étaient en train de provoquer une fracture définitive avec les objets du passé, ils avaient, du même coup, donné à son métier ses lettres de noblesse. Devenu des antiques choses, les objets les plus ordinaires de l’ancien temps lui permettraient bientôt de passer du statut peu enviable de chiffonnier à celui très reconnu d’antiquaire; brocanteur était juste une sorte de purgatoire dont il se contentait en attendant la consécration. » ( p.81)

En revanche, je n’ai pas accroché au dernier chapitre qui se déroule cinquante ans après l’intrigue principale et là,j’avoue, j’ai passé des pages …Même si ce chapitre met en perspective le reste du roman, je ne ressentais pas le besoin de savoir précisément l’origine du mal-être d’Albert.

En vieillissant les hommes pleurent – Jean-luc Seigle – 247 p.

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Posté : 14 juin, 2014 @ 4:14 dans Non classé | Pas de commentaires »

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On parle souvent des « feel-good movies » , et bien ce livre pourrait bien être un « feel-good novel » . Un fakir au nom imprononçable débarque à Paris dans le but de se procurer le tout dernier modèle de lit à clous, Kisifrötsipik, en vente chez Ikéa . Mais, puisqu’il n’a pas un sou, après avoir passé sa commande , il décide de se laisser enfermer dans le magasin afin d’y dormir et ainsi de ne pas avoir à payer un hôtel . Mauvaise idée ! Une livraison de dernière minute et voilà notre fakir, réfugié dans une armoire pour ne pas se faire surprendre, en partance pour la Grande Bretagne . Vont suivre des péripéties qui nous emmèneront jusqu’en Libye, en passant par l’Italie .

Cet extraordinaire voyage du fakir va bientôt se transformer en voyage initiatique . Manipulateur, menteur et un peu voleur, le fakir va aspirer à devenir un homme meilleur dont le but sera d’aider quelqu’un et de devenir un homme honnête .

Même si  en toile de fond l’auteur aborde la difficile  question des migrants aux espoirs de vie meilleure, les situations, souvent rocambolesques, font sourire.Et si les jeux de mots autour du nom (imprononçable) du fakir peuvent à la longue lasser, l’ensemble demeure plaisant.

Il est difficile de s’attacher vraiment aux personnages car ils semblent avant tout être au service de l’histoire .Il est donc normal qu’ils ne possèdent pas la profondeur psychologique d’autres héros de roman.

En conclusion, ce petit roman ne fatigue certes pas les neurones mais il a au moins le mérite de faire rire sans tomber dans le graveleux ,ce qui n’est pas si fréquent .

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa – Romain Puértolas ( dont c’est le premier roman) – 252 p.

Red Sky in the Morning

Posté : 25 mai, 2014 @ 6:19 dans Non classé | Pas de commentaires »

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Nous partons pour l’Irlande du début du 19° siècle où il vaut décidément mieux être un riche fermier qu’un pauvre métayer. Au début du roman, Coll Coyle apprend que le propriétaire des terres sur lesquelles il vit, lui et sa famille, a décidé sans raison apparente de les expulser .

Alors qu’il lui demande des explications,Coll tue le propriétaire . Comprenant qu’il ne devra sa survie qu’à la fuite , il quitte sa famille et  sera l’objet d’une traque menée par Faller, l’homme de main du père de la victime qui a juré de se venger. Sa fuite lui fera traverser le Donegal , puis s’embarquer pour la Pennsylvanie où il travaillera à la construction du chemin de fer . Malheureusement la vengeance ne connaît pas les frontières et Faller finira par retrouver Coll .

J’ai aimé ce roman qui malgré le thème violent est écrit dans une langue poétique. Ce qui m’a surtout plu c’est la façon dont l’auteur parle de l’Irlande : on sent l’odeur de la tourbe , on voit les marais du bogside . Le personnage de Faller , effrayant de ténacité, donne parfois des accents de westerns à cette histoire qui , sans être un coup de coeur m’a bien tenue en haleine .

Red Sky in the Morning – Paul Lynch ( dont c’est le premier roman!) – Lu sur mon Kindle

Ecoute la pluie

Posté : 11 mai, 2014 @ 12:00 dans Non classé | Pas de commentaires »

pluie

Un petit roman court mais dense . Alors qu’elle attend le métro afin d’aller rejoindre l’homme qu’elle aime , la narratrice assiste à une scène atroce . Un vieil homme se jette sur la voie après s’être retourné et lui avoir adressé un dernier sourire . Cet évènement est un  tel choc pour la narratrice qu’elle ne se rend pas à son rendez vous mais erre dans les rues de Paris sous l’orage . Ses pensées vont vers ce vieil homme , elle s’interroge aussi sur son couple .

L’écriture est très belle , très poétique et pourtant ce roman n’est pas un coup de coeur. Je n’avais rien lu de cette auteure  et j’avais entendu le plus grand bien de ce roman donc je suis contente d’avoir pu le découvrir mais les introspections du personnage ont fini par me lasser . J’ai trouvé le tout en fin de compte bien écrit mais assez décousu .

 

Ecoute la pluie – Michèle Lesbre – 100 p.

Esprit d’hiver

Posté : 9 mai, 2014 @ 3:54 dans Non classé | 2 commentaires »

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Après La vie devant ses yeux qui m’avait un peu déçue , j’ai renoué avec Laura Kasischke grâce à Esprit d’hiver . Il s’agit d’un huis-clos étouffant qui se déroule le matin de Noël , entre une mère et sa fille adoptive . Holly, la mère, se réveille brusquement après avoir dormi trop longtemps ce matin du 25 décembre . Avec la sensation de malaise qui l’étreint dès son réveil, une petite phrase s’insinue en elle, qui reviendra tout au long du roman : »Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. » Puis les évènements s’enchaînent : Holly doit faire face à la mauvaise humeur inexpliquée de Tatiana, sa fille adoptive, les invités pour le repas de Noël se décommandent les uns après les autres à cause de la tempête de neige qui fait rage dehors,même le mari de Holly, parti chercher ses parents à l’aéroport ne peut rejoindre le domicile familial.

Ce que j’aime chez cette auteure, c’est sa façon de dépeindre une atmosphère inquiétante à partir des petits détails du quotidien . C’est le cas avec la scène, en apparence banale, de l’épluchage des carottes : « Les carottes, quand Holly les sortit du bac à légumes, avaient l’air plus velues que dans son souvenir . Bon, se dit-elle, il était normal que les carottes continuent de pousser après avoir été conservées dans le noir glacial du bac à légumes pendant quelques jours. Ne disait-on pas que les cheveux et les ongles des morts continuaient de pousser dans la tombe? Les carottes étaient, après tout, des racines. » (p. 133)Ce passage  donne plutôt envie de manger des brocolis,non?

Laura Kasischke a aussi l’art de dépeindre des ados inquiétants , que ce soit Tatiana dans Esprit d’hiver, les étudiants dans Les Revenants ou encore la jeune fille dans Un oiseau blanc dans le blizzard, tous ont des réactions surprenantes et sont limite antipathiques . J’ai souvent eu envie de dire à Holly, dans Esprit d’hiver : « Mais arrête de traiter ta Tatiana comme la huitième merveille du monde,fais la sortir de sa chambre une bonne fois pour toute et exige qu’elle t’aide en cuisine pour préparer ce fichu repas de Noël ! Un peu d’autorité , que diable! » 

Enfin, le personnage de Holly, pétrie de culpabilité ( comme bien souvent les héroïnes féminines chez cette auteure ), pleine de contradictions, au bord parfois de la folie, est très touchant .

Alors évidemment la fin du roman vous prend par surprise . J’avoue, je n’avais rien vu venir et pourtant tous les indices étaient là, soigneusement dispersés au fil des pages , ce qui donne presque envie de relire le livre à la lumière de ce que l’on sait .

Esprit d’hiver – Laura Kasischke- 275 pages

 

 

 

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