Leshakili

critiques de lecture

Archive pour la catégorie 'Non classé'

Pendant qu’il te regarde tu es la Vierge Marie

Posté : 22 mars, 2015 @ 5:31 dans Non classé | 4 commentaires »

marie

Quel titre à rallonge, n’est-ce-pas ? Le plus drôle c’est que la longueur du titre est inversement proportionnelle à la longueur des nouvelles contenues dans ce recueil .Ces vingt courtes ( parfois pas plus de trois pages !) nouvelles dépeignent des moments de la vie quotidienne, des petites saynètes fugaces parfois farfelues et parfois plus graves qu’il n’y parait. Est-ce la longueur, j’ai souvent eu l’impression d’être en train de lire des haikus japonais .

J’avais très envie de lire ce petit livre car d’une part j’aime beaucoup les choix fait par les éditions Zulma ( sans parler de leurs couvertures magnifiques) et d’autre part, un titre aussi décalé que celui-ci ne pouvait qu’être prometteur .

Et bien je dois avouer que j’ai abandonné en cours de route … Je n’ai pas toujours bien compris ou l’auteure voulait en venir, certaines nouvelles sont pour moi assez hermétiques, elles se terminent en général de manière un peu brutale et je suis donc restée sur ma faim .

Une seule a retenu mon attention, toute en émotion et pleine de non-dit : « Le bouquet de mariée était plein de pucerons » : tout un programme, non?

Je n’ai donc pas vraiment détesté ce recueil , je n’ai tout simplement pas suffisamment accroché pour le lire jusqu’au bout .

Pendant qu’il te regarde tu es la Vierge Marie – Gudrùn Eva Minervudottir -146p.

voisinsvoisines

A permanent member of the family

Posté : 28 février, 2015 @ 4:19 dans Non classé | 6 commentaires »

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Depuis De beaux lendemains, et Lost Memory of the Skin qui m’avaient beaucoup plu, j’ai toujours aimé me plonger dans les livres de Russell Banks .

Son dernier ouvrage est un recueil de douze nouvelles, douze petites histoires qui mettent en scène des personnages à un tournant de leur vie . Ce n’est pas l’Amérique Hollywoodienne dont nous parle l’écrivain, pas de glamour et de paillettes ici . Ce n’est pas non plus une Amérique particulièrement sordide . Non, il s’agit simplement d’américains  moyens frappés de plein fouet par la récession, un divorce ou bien encore un deuil . Et il faut bien avouer que l’auteur excelle dans ces portraits de gens qui deviennent souvent des laissés pour compte de la société . 

Je dois avouer que j’ai vraiment beaucoup aimé toutes les nouvelles jusqu’à Blue qui est située à peu près à la moitié du recueil . Cette nouvelle m’a tellement frappée que j’ai eu du mal à terminer le recueil sans que mes pensées ne reviennent sans cesse vers l’héroine et son histoire . L’auteur parvient de façon admirable à nous faire passer de l’émotion au rire puis à l’horreur .Les nouvelles qui suivent me paraissent presque ‘fades’ au regard de celle ci .

Donc une fois de plus, un très bon moment de lecture que je vous recommande !

A permanent member of the family – Russell Banks ( lu sur mon Kindle)

Une pièce montée

Posté : 21 février, 2015 @ 4:10 dans Non classé | 4 commentaires »

piece

Il est un peu tôt pour la saison des mariages me direz vous mais vous connaissez Leshakili, toujours en avance sur tout !

Il est donc question de mariage dans le livre de Blandine Le Callet .Un beau mariage chic et bourgeois : les familles sont des gens très comme-il- faut, qui mettent volontiers les petits plats dans les grands,le cadre est idyllique et même la météo ne veut pas gâcher la fête . Chaque chapitre raconte cette belle journée vue par un des invités. Il y a la petite Pauline folle de joie d’être demoiselle d’honneur pour la première fois, Bertrand, le curé dépressif  qui va célébrer cette union, Marie, la rebelle de la famille, célibataire que tout le monde cherche à caser … et puis tous les autres . Mais tout est- il vraiment si beau au royaume de Ken et Barbie  ?

La réponse est bien évidemment non, comme dans bon nombre de réunions de famille, les personnages dépeints dans Une pièce montée feront preuve d’hypocrisie , de bassesse et de mauvaise foi …

J’ai beaucoup aimé la construction de ce roman : chaque chapitre forme comme une petite nouvelle, un petit chou à la crème,  mais toutes sont reliées par un point commun : la toile de fond que forme le mariage de Bérengère et Vincent . Le livre avance ainsi au rythme de la journée de mariage .La petite Pauline nous livre sa perception des choses au début du livre qui correspond au moment où la messe est célébrée .C’est lors de la traditionnelle photo de groupe que la petite fille se rendra compte que sa tante chérie peut aussi faire preuve de cruauté et d’intolérance . Damien ( mon préféré!) n’arrivera que bien plus loin dans le livre, au moment du bal . Il n’a accepté de venir à ce mariage que dans le but de se trouver une conquête d’un soir à ajouter à son palmarès . Mais il ne cherche pas n’importe quelle fille . Lui et son meilleur copain font une sorte de concours : celui qui arrivera à « emballer » le plus de filles moches . J’ai adoré le ton jubilatoire de ce chapitre qui vaut son pesant de croquettes( au saumon) ( oui, je sais, c’est une obsession chez moi!)

Je remercie donc vivement  ma copine Cathy qui m’a conseillé ce  roman choral pas du tout « prise de tête », souvent drôle, parfois émouvant .

Une Pièce montée – Blandine Le Callet – 320p.

La part du colibri

Posté : 15 février, 2015 @ 3:47 dans Non classé | 4 commentaires »

colibri

Voici un livre petit par sa taille mais important pour les questions qu’il soulève .Comment pouvons nous ainsi maltraiter la terre qui pourtant nous nourrit ?  Combien de temps notre mode de vie, principalement tourné vers la consommation, tiendra -t-il avant  de s’effondrer et d’entraîner avec lui la chute de l’humanité ? Vous l’aurez compris, l’auteur de cet essai est un écologiste convaincu . Mais pas de ceux qui, austères et moralisateurs, font que très vite on n’écoute plus leurs propos . Non, ici l’auteur aborde de façon parfois très poétique des questions philosophiques sur le devenir de l’Homme s’il ne change rien à sa façon de vivre .

C ‘est l’Homme de la maison, jardinier émérite qui a à coeur de nourrir la maisonnée de produits sains, cultivés dans une vraie terre,qui m’a mis ce livre entre les mains . Alors je dois avouer que même si parfois Pierre Rabhi enfonce des portes ouvertes, la lecture est loin d’être déplaisante . Lorsque l’on referme ce petit livre, on ne peut s’empêcher de se demander si, comme le colibri de la légende, on fait soi même sa part pour que le monde aille mieux .

La part du colibri - Pierre Rabhi – 50 pages

Constellation

Posté : 8 février, 2015 @ 2:42 dans Non classé | 6 commentaires »

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Petit  jeu-concours ( oui, parfois Leshakili est d’humeur facétieuse ) : celui ou celle qui saura donner le nom de la constellation en arrière – plan gagnera un sac de croquettes au saumon .Vous voyez que Leshakili est soucieux de traiter ses lecteurs avec tous les égards qui leurs sont dû.

Revenons aux choses sérieuses . Ceux qui connaissent ma phobie de l’avion ne

manqueront pas de s’écrier : « Mais enfin, Leshakili, lire un livre dont le sujet principal est un  crash d’avion , quelle puce te gratte ??? »

Car oui, c’est bien de cela dont il s’agit : le 27 Octobre 1947, le Constellation F-BAZN d’Air France s’est écrasé dans les Açores . Cet avion, surnommé « l’avion des stars  » a terminé sa trajectoire en heurtant de plein fouet une montagne . Bilan : aucun survivant . Oui, je sais, ça calme . Parmi les passagers de cet avion au funeste destin certains étaient célèbres et d’autres non . Tout le monde connaît le champion du monde de boxe, Marcel Cerdan et bon nombre de personnes ont déjà entendu parler de la violoniste prodige, Ginette Neveu . Mais qui savait que cet avion transportait aussi Amélie Ringler, ouvrière bobineuse dans une usine de textile de Mulhouse ? J’ai trouvé que c’était le principal intérêt de ce livre : il alterne , au gré des chapîtres les portraits des  stars et des petites gens qui eurent dans leur vie au moins un point commun ( dont ils se seraient tous  bien passé!) : être à bord du même avion, ce 27 Octobre 1947.

Mais à part cela, je vous avoue ne ne pas avoir été emballée par ce premier livre d’ Adrien Bosc . Cette lecture est partie sur un quiproquo : je m’attendais à lire un roman et il s’agit en fait d’un récit journalistique. J’ai trouvé qu’il manquait à Constellation, un petit supplément d’âme et le thème « on n’échappe pas à son destin » m’a semblé abordé sans l’être vraiment . De plus, l’arrivée au beau milieu du livre, du « je » du narrateur m’a semblé superflue et artificielle .

Donc, une lecture intéressante mais pas passionnante non plus …Ceci dit, je n’ose imaginer le sentiment de culpabilité qu’Edith Piaf, maîtresse de Marcel Cerdan, a dû traîner jusqu’à la fin de sa vie puisque c’est elle qui a très fortement incité son amant à prendre place à bord de cet avion …Il aurait dû pourtant savoir que « si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin , c’est la fin . » ( dixit Jean-Louis Aubert dans La bombe humaine ) ( Oui, je sais, Leshakili ne fait pas son âge !)

Constellation – Adrien Bosc – 193p.

challengerl2014

 

Un territoire

Posté : 26 janvier, 2015 @ 5:30 dans Non classé | 2 commentaires »

territoire

Leshakili continue d’explorer l’univers d’Angélique Villeneuve, découverte avec Les Fleurs d’Hiver

C’est,une fois de plus,une femme qui est au centre de cette histoire, une malentendante dont on ne connaît ni le nom, ni le prénom . D’ailleurs, aucun personnage n’a de nom dans ce roman, ils sont simplement  la Soeur, le Garçon ou bien la Fille . Cette femme partage une maison avec deux grands adolescents . Enfin, partager est un grand mot puisqu’elle est cantonnée à la cuisine et à un cagibi qui lui sert de chambre avec pour tout lit un vieux matelas humide posé à même le sol. Les deux autres occupants de la maison sont des enfants rois, ne semblent rien faire de leurs journées, se font servir par le personnage principal tout en multipliant les brimades à son égard. Pourquoi cette femme accepte-t-elle de se laisser traiter de la sorte? Quel est le lien qui les unit ? Autant de questions qui rendent le roman difficile à lâcher .

J’ai aimé le thème peu souvent abordé de la maltraitance faite à un adulte par des ados. Le thème peut sembler sordide mais la beauté de la langue l’emporte . Le texte est riche sur le plan lexical,plein de poésie, à l’image de la vie intérieure de cette femme que tous prennent pour une demeurée .Et puis ce chat qui entre dans la vie de cette femme au début du livre, comme une petite lueur d’espoir dans un quotidien si triste … Bref, une fois de plus je suis conquise par cette auteure !

Un territoire – Angélique Villeneuve – 152p.

Les heures silencieuses

Posté : 11 janvier, 2015 @ 12:15 dans Non classé | 4 commentaires »

heure

Ce roman nous transporte à Delft, au début du XVII° siècle .Magdalena Van Beyeren est la  fille de l’administrateur de la compagnie néérlandaise des Indes orientales et elle nous livre dans ce journal intime ses pensées sur la vie , l’amour et la position des femmes dans la société de cette époque .

J’ai beaucoup aimé l’idée qu’a eu l’auteure de partir d’un tableau ( ici une oeuvre d’Emmanuel de Witte, peintre hollandais du XVII°s) pour inventer l’histoire du personnage présent dans le tableau .

Magdalena, l’auteure du journal intime et la femme présente de dos dans le tableau, est un personnage très attachant même si elle est  totalement dans l’acceptation de ce qui lui arrive, ce qui devait très certainement être la façon dont les femmes voyaient leur sort à cette époque .

L’ensemble du roman donne quelque chose de très doux, d’apaisant, qui correspond bien, je trouve, aux couleurs choisies par les peintres hollandais de cette époque .

J’ai donc bien aimé ce roman court mais j’avoue cependant avoir une préférence pour Le dernier gardien d’Ellis Island de la même auteure .

Les heures silencieuses – Gaelle Josse – 135p.

Charlotte

Posté : 28 décembre, 2014 @ 3:53 dans Non classé | 2 commentaires »

charlotte

Difficile de passer à côté de Charlotte en cette fin 2014 : des piles du livre en librairie, de nombreuses interviews de l’auteur dans différents magazines… Je dois vous le dire tout de suite, je n’aime pas spécialement ce qu’écrit David Foenkinos, j’ai commencé certains de ses romans et les ai vite reposés, beaucoup trop gnangan pour moi, tout ça!  J’avais donc de (très) nombreuses réticences concernant son dernier roman. Cependant, je suis faible : à force de voir des gens autour de moi avec ce livre à la main, puis, apprenant que Charlotte avait obtenu le Prix Renaudot ainsi que le Goncourt des Lycéens 2014, j’ai fini par céder .

Je résumerai très brièvement l’histoire : il s’agit de la biographie romancée de Charlotte Salomon, jeune peintre juive allemande qui finira gazée à l’âge de vingt-six ans à Auschwitz en 1943 .

Suite à cette lecture, je peux désormais l’affirmer : je n’aime décidément pas ce qu’écrit David Foenkinos . Le style tout d’abord est très particulier : ce roman pourrait ressembler à un long poème . L’écriture est comme hachée, l’auteur revient à la ligne à la fin de chaque phrase et à la longue, cela m’a lassé . J’aime les belles phrases, avec des adjectifs, avec des descriptions, et là j’ai trouvé l’ensemble un peu trop squelettique .

D’autre part, le personnage de Charlotte reste assez flou. On perçoit bien la mélancolie de la jeune femme et les raisons de ses états d’âme mais j’ai personnellement eu du mal à m’attacher à elle . Peut être est-ce dû à la présence de l’auteur que l’on sent constamment comme un écran  entre le personnage et le lecteur, j’ai eu le sentiment d’avoir du mal à m’approprier Charlotte .

Des romans sur la Shoah, j’en ai lu beaucoup et le plus émouvant ( en même temps il s’agit d’un récit autobiographique …) restera certainement Si c’est un homme de Primo Levi . Le dernier livre de David Foenkinos est assez inconsistant et je doute qu’il m’en reste grand chose dans quelques semaines . Le seul point positif a été de me faire découvrir une artiste peintre, c’est toujours cela de gagné !

Charlotte – David Foenkinos – 220 p.

( et merci à Manon de m’avoir prêté le livre, j’ai hâte que nous en discutions ensemble!)

challengerl2014

La fractale des raviolis

Posté : 21 décembre, 2014 @ 4:33 dans Non classé | 4 commentaires »

seezat

Leshakili n’ayant pas fait des études poussées de Mathématiques, il vous prie de vous excuser pour sa conception très vague de ladite fractale … ( Mathou, si tu passes par là et que tu veux nous éclairer, n’hésites pas!)

La fractale des raviolis est un recueil de nouvelles de conception assez originale . Tout commence avec une femme qui, découvrant que son mari lui est infidèle, décide de l’empoisonner avec un plat de raviolis . Au moment de passer à l’acte, un souvenir surgit et une seconde nouvelle commence . Le recueil voit ainsi s’enchaîner les histoires, un peu à la façon des poupées russes . On nous décrit des choses dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Ainsi, voulant vérifier si les rats-taupes étaient une espèce inventée par l’auteur, j’ai fait une petite recherche google image … je vous le déconseille si vous ne voulez pas faire de cauchemars. Je me suis arrêtée là donc je ne peux vous dire si les vierges de Barhofk ou bien la maladie de Sheridan sont sorties de l’imagination de l’auteur ou pas.

J’ai globalement bien aimé ce livre même si j’ai trouvé que les nouvelles étaient assez inégales à la fois du point de vue stylistique mais aussi au niveau de leur contenu. De même, cette construction en récits gigognes peut lasser à la fin car elle est trop systématique, trop prévisible, presque trop scientifique pour moi.

Pour conclure je dirai que j’ai tout de même bien aimé ce recueil.On perçoit bien la jubilation qui a dû être celle de l’auteur lorsqu’il a créé ses personnages plus loufoques les uns que les autres . ( mention spéciale pour moi à l’ado psychopathe).On sourit souvent à la lecture des péripéties des différents personnages et dans le paysage littéraire actuel,les livres qui amusent ne sont pas si fréquents que cela, donc ne boudons pas notre plaisir…

La fractale des raviolis – Pierre Raufast – 260p.

 

challengerl2014

 

Le collier rouge

Posté : 14 décembre, 2014 @ 2:21 dans Non classé | 4 commentaires »

collier

Parce qu’il n’y a pas que l’espèce canine qui peut arborer fièrement la médaille militaire, Leshakili peut le faire aussi !

Trêve de plaisanterie,l’année 2014 touche à sa fin et j’avais envie de lire encore un roman sur cette période de notre histoire tant commémorée cette année .

L’histoire commence dans une caserne désaffectée du Berry en 1919 . C’est l’été, il fait très chaud et le soldat Morlac croupit dans une cellule en attendant d’être jugé . Dehors, son chien ne cesse d’aboyer, jour et nuit . Bientôt, le juge militaire Lantier du Grez vient interroger le soldat afin de savoir quelle sentence lui sera infligée . Mais qu’a donc bien pu faire cet homme, pourtant considéré comme un héros de guerre ?

Ce court roman a été un vrai plaisir de lecture . Il y a peu de scènes qui décrivent les batailles ou l’horreur des tranchées , il s’agit plus d’un huis clos entre un soldat plein de bon sens et un gradé qui n’est plus si sûr, un an après  la fin de la guerre, de ses convictions militaires. Le roman explore les thèmes de l’amour, de l’amitié, de la jalousie et nous fait réfléchir sur ce qui nous définit en tant qu’ être humain.

Un passage, entre autre, a retenu mon attention :

 » Je crois que la vraie différence avec les bêtes, poursuivit le juge, ce n’est pas la fidélité.Le trait le plus proprement humain et qui leur fait complètement défaut, c’est un autre sentiment, que vous avez du reste.

- Lequel ?

- L’orgueil. » ( p. 148)

Un beau roman, donc,bien écrit,et assez émouvant.

Le collier rouge – Jean-Christophe Ruffin – 155 p.

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