Leshakili

critiques de lecture

Archive pour la catégorie 'Mes livres chouchous'

Six fourmis blanches

Posté : 11 octobre, 2015 @ 3:16 dans Mes livres chouchous | 6 commentaires »

fourmis

My God, déjà trois semaines sans écrire ! J’ai pourtant lu des choses bien ( Nous de David Nicholls ) et moins bien ( Ma vie de pingouin de Katarina Mazetti) . Mais  voilà que Leshakili nous fait sa diva et qu’il sent poindre en lui des questions existentielles: »To write or not to write … in a blog  ? »  « A quoi bon  tout cela … ». Il a cependant consenti à m’autoriser à vous livrer mes impressions sur le dernier roman de Sandrine Collette .

L’histoire s’ouvre avec un type que l’on pense au début être un berger qui chemine, accompagné d’une chèvre, dans la montagne . Le chemin est long, pentu et l’homme finit par porter l’animal qui peine à le suivre dans cette montagne . On suit pendant ce temps les pensées de l’homme et, tout comme la chèvre, on en viendrait presque à dodeliner de la tête, apaisé par le long monologue de l’homme . Et tout à coup, arrivé au sommet de la montagne, POF!, le type balance la chèvre du haut de la falaise ! Alors là forcément, on se redresse, l’esprit aux aguets : « Mais il est dingue !  » Commence alors un roman que j’ai eu du mal à lâcher et que je vous recommande chaudement .

Le livre fait alterner la voix de Mathias qui n’est pas berger mais sacrificateur et celle de Lou, randonneuse débutante qui a gagné un voyage en Albanie . Loin du tourisme de masse elle part,accompagnée de son petit ami et de quatre autres randonneurs et un guide local, pour une randonnée en montagne qui s’avérera beaucoup plus difficile que prévu . En effet,très rapidement le temps se gâte, les randonneurs sont pris dans une tempête presque surnaturelle et la randonnée tourne au cauchemar. Cette montagne semble habitée par le Mal lui même et on se demande si et combien de randonneurs vont en réchapper …

Vous vous doutez bien qu’à un moment Mathias et Lou vont finir par se rencontrer mais je vous laisse le plaisir de la découverte !

J’ai aimé la tension qui monte lentement mais sûrement dans ce livre, cette ambiance qui mêle réel et superstition . Il est aussi fort plaisant ( oui, je sais, c’est mesquin) de voir les personnages affronter le froid, les avalanches et le brouillard alors que l’on est soi même confortablement assis dans un canapé avec un chat qui vous réchauffe les genoux !

Bref, j’ai découvert l’univers de Sandrine Colette avec ce roman si prenant que j’ai eu du mal, ensuite,  à ouvrir  un autre livre pendant plusieurs jours ! Et vous savez quoi ? Après avoir lu sans conviction un ou deux autres livres ,je viens de commencer un roman de la même auteure …

Six fourmis blanches- Sandrine Collette – 275p.♥♥♥♥

Nos contrées sauvages

Posté : 7 août, 2015 @ 11:20 dans Mes livres chouchous | 2 commentaires »

sauvages

Avec ce roman, nous partons à l’autre bout de la terre ( mais si la terre est ronde, comment peut elle avoir un bout? Si vous avez une réponse… Leshakili s’interroge, là !!!)

Sandy vit en Australie avec sa fille unique, Sophie, depuis que Rich, le père, les a quittées lorsque Sophie était encore toute petite . Or, pour les quinze ans de sa fille, Rich lui envoie une lettre dans laquelle il lui propose de partir tous deux faire une randonnée de six jours  en Tasmanie. Si Sandy est réticente  à l’idée de laisser partir sa fille, Sophie, elle, n’hésite pas trop et se montre curieuse de découvrir ce père qu’elle ne connait pas. Mais n’est pas randonneur qui veut et tout ne va pas se dérouler comme prévu …

Une belle réussite, ce premier roman . Les personnages, tout d’abord, sont vraiment bien campés . J’ai adoré la mère, babacool écolo, entourée de son groupe de copines aussi perchées qu’elle. De plus,le fait que l’auteur alterne les points de vue des différents personnages rend le roman très vivant.

La description de la randonnée donne envie de se rendre en Tasmanie ou les paysages semblent vraiment à couper le souffle .

Enfin, Cate Kennedy n’hésite pas à se moquer de ses personnages et porte souvent sur eux un regard caustique qui est loin de me déplaire .J’ai particulièrement aimé la scène où Sandy, faisant voler en éclat ses préceptes écolos, s’attaque à sa pelouse au Roundup !

Bref, un bon moment de lecture que je vous recommande.

Nos contrées sauvages- Cate Kennedy ( 348p.) ♥♥♥

Life after life

Posté : 6 juin, 2015 @ 8:45 dans Mes livres chouchous | 19 commentaires »

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Impossible de participer au mois anglais sans parler d’un roman de Kate Atkinson qui est pour moi une valeur sûre. J’ai lu quasiment tous ses livres et n’ai jamais eu aucune déception. Celui-ci, qui est son avant-dernier roman, est un vrai coup de coeur .

11 Février 1910, chez une famille de la petite bourgeoisie anglaise,en plein coeur d’une tempête de neige,  la petite Ursula Todd naît pour mourir aussitôt .

De nouveau le 11 Février 1910,dans cette même famille, au coeur de cette même tempête de neige,  la petite Ursula naît mais cette fois -ci, elle vit .

Tout au long de ce long roman ( 610 pages quand même!) l’auteur fait ainsi successivement mourir son personnage central de diverses manières pour la faire renaître et vivre une vie légèrement différente . Ursula devenue adulte finira par pressentir qu’elle a déjà vécu d’autres vies  ( ce sentiment de « déjà vu » prononcé d’une manière si délicieuse par les anglais !)  et décidera d’empêcher la guerre en tuant Adolf Hitler à la fin des années 30.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le thème de ce livre n’est pas franchement le réincarnation. Non, il s’agit plus d’un témoignage sur la vie anglaise dans la première moitié du 20°siècle.

J’ai tout aimé dans ce livre : sa structure  où l’histoire revient en arrière pour explorer une autre piste qu’aurait pu prendre la vie d’Ursula . On sent que l’auteur s’amuse à changer un détail par ci, un autre par là comme un clin d’oeil au lecteur .

Les personnages sont très bien décrits : Maurice, le peu sympathique frère aîné d’Ursula, Sylvie, sa mère parfois fantasque , la plus fantasque encore Izzie, tante d’Ursula …Même les chiens ont une place dans ce roman avec chacun une personnalité différente !

Si la première partie du livre qui nous présente la jeunesse d’Ursula dans la campagne anglaise est plaisante, j’ai vraiment accroché à la deuxième qui se déroule pendant le Blitz de Londres et ces chapîtres m’ont donné envie de chercher d’autres  lectures  ayant pour toile de fond ce terrible épisode de l’Histoire .

Kate Atkinson fait alterner le tragique et le comique et il est difficile de lâcher le roman tant on a envie de savoir ce qui va bien encore pouvoir arriver à Ursula .

Alors bien sûr il est difficile de ne pas penser au film « Smoking/No Smoking d’Alain Resnais ( basé d’ailleurs sur la pièce Intimate Exchange du dramaturge britannique Alan Ayckbourn) ( ils sont trop forts ces anglais …) mais réussir à développer ce thème dans un roman aussi long sans ennuyer le lecteur … j’ai bien envie de dire : chapeau, Mrs Atkinson!

Life after life ( Une vie après l’autre) Kate Atkinson – (610 pages)

moisanglais

Les Arpenteurs

Posté : 17 mai, 2015 @ 12:48 dans Mes livres chouchous | 4 commentaires »

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John Gload a soixante-dix-sept ans et il vient d’être emmené dans une prison du Montana . Son crime ? Ses crimes, plutôt! Le vieillard est accusé d’avoir assassiné plusieurs personnes et ce depuis longtemps puisque sa première victime croisa sa route alors que le tueur n’était encore qu’un jeune garçon.

Val Millimaki , le jeune adjoint du shérif, est de garde toutes les nuits dans cette prison. De part et d’autre des barreaux, au fil des nuits, moment propice aux confessions, un lien va finir par se nouer entre les deux hommes …

Autant vous le dire tout de suite, j’ai adoré ce roman . J’ai très vite imaginé le film que l’on pourrait en faire et je ne sais pas pourquoi, dans le rôle du vieux tueur, tout en lisant le livre, j’avais Jonathan Banks en tête . ( Mais si, celui qui joue Mike dans Breaking Bad) ( Quoi, vous n’avez pas vu Breaking Bad ? Filez tout de suite voir cette série!)

Mais nous ne sommes pas ici pour causer cinéma. (même si Leshakili se verrait bien monter les marches du palais des festivals de Cannes) ( et pas de problème de petite culotte pour lui, Leshakili n’en porte pas !)

Moi qui me plaint souvent de de pas trouver de beaux personnages masculins, j’ai été servie . John et Val, ces deux hommes que tout oppose ont pourtant un point commun qui remonte à leur enfance . Ils ont tous les deux perdu un de leur parent de manière violente . Ce traumatisme les fera évoluer vers deux trajectoires diamétralement opposées : John n’aura de cesse de détruire des vies alors que Val s’emploiera à les sauver .

Si le personnage du tueur est fascinant, celui du jeune adjoint au shérif est attendrissant . Il semble vraiment être le loser parfait : son mariage bat sérieusement de l’aile, il s’avère incapable de communiquer avec sa femme qu’il aime pourtant et à chaque fois qu’on l’appelle pour retrouver une personne disparue, il ne retrouve qu’un cadavre .

Le livre est vraiment très bien écrit, la langue est à la fois riche et fluide . L’auteur a choisi comme cadre pour son roman le Montana, cet état où la nature est sauvage et impitoyable pour les hommes qui s’y perdent .Si le rythme peut paraître lent, à aucun moment on ne s’ennuie dans Les Arpenteurs et le final est si bien mené que l’on referme le livre apaisé, en ayant le sentiment d’avoir lu un excellent roman .

Les Arpenteurs - Kim Zupan- 272 p.

Aucun animal n’étant jamais maltraité chez Leshakili, les tapettes à souris n’ont été achetées que pour la photo . Et devinez qui a réussi à sérieusement se pincer le doigt en les installant ?

 

 

Une terre d’ombre

Posté : 17 avril, 2015 @ 10:17 dans Mes livres chouchous | 4 commentaires »

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D’abord il y a la couverture du roman : du noir, du gris,un peu de blanc et ce titre rouge sang qui attire l’oeil . Ensuite il y a le nom de l’auteur : Ron Rash , deux syllabes qui claquent comme un coup de fusil, suivi de près par son écho au fond d’un vallon. Car voilà ce qu’est cette terre d’ombre : un sombre vallon où vivent Laurel Shelton et son frère, Hank . Nous sommes en 1916, Hank est revenu de la Première Guerre mondiale où il y a perdu une main, sa soeur, elle, est considérée comme une sorcière par les habitants de la petite ville toute proche à cause d’une large tâche de naissance qui lui couvre un bras et une partie du cou.

Dans ce sombre vallon où leurs parents sont morts, où rien ne semble vouloir pousser, Hank et Laurel vivent une vie de reclus. Seul le vieux Slidell, un fermier voisin, a noué des liens d’amitiés avec eux . Et puis vient la rencontre avec Walter, cet inconnu débarqué au vallon on ne sait comment, muet, mais qui joue divinement bien de la flûte . Laurel va vite en tomber amoureuse mais le bonheur ne sera que de courte durée…

Le lecteur comprend rapidement  qu’il n’y aura pas de « happy ending » dans Une terre d’ombre puisque un cadavre est découvert dès les première pages . Alors évidemment, cette prolepse entretient le suspense : qui meurt et pourquoi ?

J’ai tout aimé dans ce roman : il est magnifiquement écrit : la nature, même au fond de ce triste vallon paraît belle . Les personnages ( mis à part bien sûr les abrutis assoiffés de vengeance qui peuplent la petite ville de Mars Hill) sont attachants . J’ai ressenti une profonde empathie pour Laurel qui est une femme intelligente et courageuse et qui mérite de trouver le bonheur. Les thèmes de la différence, de la bêtise humaine ne laissent évidemment pas indifférents et je ne serais pas étonnée de voir une situation similaire à celle du roman se reproduire de nos jours dans des coins biens ruraux des états -unis .

Et il  y a même de l’humour : le chapitre treize où Chauncey se rend à la bibliothèque avec ses acolytes afin d’y répertorier les titres écrits en allemand est un vrai délice.

Enfin, que dire de cette tension qui monte inexorablement tout au long du roman …

Vous l’aurez compris, Une terre d’ombre est vraiment un beau livre et je le classe illico parmi mes chouchous .

Une terre d’ombre- Ron Rash – 242p.

 

Le roi transparent

Posté : 15 mars, 2015 @ 3:45 dans Mes livres chouchous | 4 commentaires »

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Oyez, oyez, gentes dames, chaussez vos poulaines, enfilez votre plus beau surcot ( nous ne sommes qu’en Mars , il ne fait pas si chaud!), sautez sur votre palefroi et foncez acheter ou emprunter ce manuscrit !

Bon. Je m’emballe mais vous l’aurez compris, j’ai adoré ce roman . A tel point que j’étais partagée entre l’envie de le finir pour venir vous en parler et le regret de voir les dernières pages approcher . Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, le personnage principal de ce roman n’est pas un homme,il s’agit de Léola une jeune paysanne . L’histoire se déroule au XII° siècle et la jeune Léola travaille la terre avec son frère et son père . Rapidement la guerre va faire irruption dans son univers et Léola devra s’enfuir après avoir volé et endossé l’armure d’un chevalier mort sur un champ de bataille .Une vie d’errance va alors commencer pour elle . Elle rencontre Nynève une femme libre et cultivée, à mi-chemin entre la bonne fée et la sorcière qui assure avoir bien connu Merlin l’Enchanteur, et qui deviendra son écuyer et lui prodiguera de nombreux conseils et lui sauvera souvent la vie . Mais cette vie ne se résumera pas à guerroyer, elle apprendra aussi à lire et à écrire et connaîtra l’amour .

J’ai adoré la façon dont l’auteure a su créer cette ambiance du Moyen- Age. Avec Léola nous assistons à des tournois, nous sommes témoins de la montée de l’Inquisition et des souffrances des Cathares, nous  sommes initiés au fin’amor à la cour de la magnifique Aliénor d’aquitaine , nous faisons connaissance de la dangereuse et fascinante Dame Blanche …

Mais alors, qui est ce roi transparent ? Il s’agit d’une légende, d’un récit dans le récit, qui provoque la mort subite de toute personne qui commence à raconter l’histoire de ce monarque . Au fil du livre cependant, les différentes personnes qui racontent cette histoire nous en apprennent plus… jusqu’à la fin …

Alors évidemment les pointilleux souligneront que la chronologie de l’Histoire, la vraie,celle avec un grand H, n’est pas vraiment respectée . Que certains personnages historiques mentionnés dans Le roi transparent n’ont pas vécu en même temps mais l’auteure explique bien dans sa postface que son roman est avant tout une biographie imaginaire .

Les talents de conteuse de Rosa Montero sont bien réels et je vous recommande donc vraiment la lecture de ce livre qui file rejoindre ceux qui font déjà partie de mes chouchous !

(Pour celles et ceux qui l’ont lu, je pense avoir la réponse à l’énigme …)

Le roi transparent – Rosa Montero- 463p.

Et ce roman constitue ma toute première participation aux challenge Voisins Voisines auquel je viens de m’inscrire .

voisinsvoisines

Sarah Thornhill

Posté : 18 janvier, 2015 @ 2:15 dans Mes livres chouchous | Pas de commentaires »

aust

Changeons d’hémisphère,voulez vous, et partons donc avec ce roman vers l’Australie où il doit faire bon, en ce moment, se prélasser sur la plage .

Le titre du roman est le nom du personnage principal, nous savons donc tout de suite qui nous avons affaire à un roman d’apprentissage et que nous allons suivre Sarah sur plusieurs années. Elle naît en l’an 1816,sur les rives de l’Hawkesbury en Nouvelles-Galles du Sud . Son père est un ancien bagnard déporté en Australie : c’est ainsi qu’à l’époque l’Angleterre réglait le problème de la surpopulation carcérale .Lors de la première partie du roman, on voit donc grandir la petite Sarah, on la voit aussi tomber amoureuse de Jack Langland, le meilleur ami de son frère aîné Will  qu’elle admire tant. Jack est également amoureux de Sarah et celle-ci se persuade donc très vite que, bien que Jack soit le fils métis d’un anglais et d’une aborigène,  rien ni personne ne pourra faire obstacle à leur amour . Oui mais voilà, nos Roméo et Juliette du bout du monde se retrouvent tout à coup confrontés au passé qui resurgit et Jack ne veut plus entendre parler de Sarah. Cette dernière finira par accepter d’épouser un homme pour lequel elle n’a aucun sentiment et fera de son mieux pour tenter d’oublier son amour de jeunesse .

J’ai aimé de nombreuses choses dans ce roman . Tout d’abord je n’avais pas lu beaucoup de romans traitant en filigrane le thème de la colonisation australienne et j’ai trouvé cela fort intéressant. J’apprécie de plus en plus de lire des oeuvres dans lesquelles la petite histoire se mélange à la grande .

J’ai aussi beaucoup accroché à cette saga familiale car même si Sarah en est le personnage central, ses parents surtout mais aussi  ses frères et soeurs ne sont pas des personnages négligés par l’auteure .

Et puis enfin, avec Sarah, Kate Grenville nous offre un magnifique personnage féminin. Elle a son franc parler bien à elle qui m’a souvent fait penser à l’héroine de The colour of milk . C’est une femme passionnée qui doit payer les erreurs  de ses ancêtres et qui devra apprendre à faire le deuil de son amour de jeunesse .J’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de la relation du couple Sarah-John .

Les tournures de phrase sont volontairement lourdes ( « que j’ai dit »  » j’ai pas insisté » par exemple ) mais cela ne m’a pas gênée puisque cela colle bien à l’époque et au personnage .

Bref, un beau roman que je vous recommande chaudement et qui rejoint bien vite ma pile de livres chouchous !

Sarah Thornhill- Kate Grenville 253 p.

 

The colour of milk

Posté : 24 décembre, 2014 @ 11:18 dans Mes livres chouchous | 2 commentaires »

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What colour is milk ? Si vous êtes observateur, plusieurs indices sont cachés dans la photo …

Je viens de terminer ce roman que j’ai adoré . L’histoire débute en 1830, c’est Mary une jeune anglaise de quinze ans qui est la narratrice . Elle nous raconte sa vie à la ferme, avec ses quatre soeurs,sa mère, son père brutal qui regrette de n’avoir pas eu de garçon pour l’aider dans son labeur quotidien et un grand père infirme . Jusque là, rien de bien original, me direz vous . Mais attendez, c’est Mary qui écrit sa propre histoire et au début du 19°siècle, une jeune paysanne qui sait lire et écrire, cela ne court pas les prés . Comment est-ce possible ? Tout simplement parce qu’un beau jour le père de Mary décide d’envoyer sa fille travailler comme bonne à tout faire  chez le pasteur du village. C’est dans cet univers plus raffiné que Mary apprendra à reconnaître les lettres puis à manier la plume . Malheureusement  ceci a un prix à payer …

J’ai tout aimé dans ce livre : le fait qu’il se situe dans l’Angleterre du 19°siècle : Jane Austen , les soeurs Brontë , Thomas Hardy ont longtemps fait partie de mes auteurs préférés. Le style est parfaitement réussi : les phrases courtes, les tournures empruntées à la langue parlée contribuent à rendre le personnage de Mary tout à fait crédible . Le sujet enfin : quelle place avait la femme dans la société à cette époque ? La réponse même si elle est connue fait  frémir .

Les passages où Mary parle avec son grand-père m’ont aussi beaucoup plu : on sent tout l’amour que se portent les deux personnages à travers un humour à la pince-sans-rire que j’affectionne tant .

En bref, un roman que je vous recommande chaudement, je le range illico dans mes livres chouchous, et je m’empresse de placer Black Dirt, le premier roman de l’auteure sur ma PAL.

The colour of milk – Nell Leyshon ( lu sur mon kindle)

Et sinon, Leshakili vous le confirme, les tulipes, cela ne sent rien !

challengerl2014

 

Les Apparences

Posté : 6 décembre, 2014 @ 12:49 dans Mes livres chouchous | 4 commentaires »

apparences

Apparemment Amy et Nick forment un couple parfait : ils sont jeunes, ils sont beaux, ils ont de l’argent car même s’ils perdent tous deux leur travail et doivent aller s’installer dans le Missouri auprès de la mère malade de Nick, la fortune  personnelle d’Amy leur permet de subvenir à leurs besoins. Apparemment leur couple ne va pas si bien que cela . Apparemment Nick aurait tué Amy et se serait ensuite  débarrassé du corps . Bon, vous l’aurez compris, tout dans ce roman repose sur les apparences et donne au final un livre que j’ai vraiment aimé . C’est la sortie de son adaptation au cinéma qui m’a fait réaliser que je ne l’avais pas lu . J’en étais restée à Les lieux sombres qui ne m’avait pas spécialement laissé un souvenir impérissable mais celui-ci, quel choc !

J’ai adoré la façon dont l’auteure nous manipule : nous croyons comprendre ce qui anime le personnage et puis de nouvelles révélations arrivent et tout est chamboulé .

Je ne sais pas si on peut vraiment classer Les Apparences dans le genre « thriller » puisque le lecteur sait rapidement ce qui s’est réellement passé . Il s’agit plutôt de la dissection des petits riens d’une vie de couple qui fait froid dans le dos . Sous quel jour nous montrons nous lorsqu’on en est au début d’une relation ? Quelle image voulons nous donner à l’autre ? Qui n’a jamais tenté de jouer le rôle de  « la fille cool », différente des autres mégères si exigeantes auprès de leur mari avant que le naturel ne revienne au galop quand la routine s’installe ? ( Enfin à des degrés variables bien sûr selon chacune !) Et le mari, lui, qui est-il vraiment ? Bref, ce livre, au delà de cette histoire au suspense ébouriffant donne vraiment à réfléchir .

Un petit extrait pour vous donner envie ( si vous ne l’avez pas déjà lu!) : « Les gens aiment bien s’imaginer qu’ils connaissent les autres : les parents veulent croire qu’ils connaissent leurs enfants. Les femmes veulent croire qu’elles connaissent leur mari. » ( p. 163)

Donc un gros coup de coeur pour ce livre même si les dix dernières pages sont un peu superflues et moins convaincantes que le reste du livre ( mais c’est vraiment histoire de chipoter!)

Je n’irai pas voir l’adaptation cinématographique du roman : j’ai trop envie garder dans ma tête mes propres images de Nick et Amy et de leur couple infernal .

Les Apparences – Gillian Flynn – 687 p. (que l’on dévore à un rythme effréné !)

Touriste

Posté : 1 novembre, 2014 @ 4:00 dans Mes livres chouchous | 4 commentaires »

touriste

Si les vacances vous paraissent déjà lointaines, je vous propose de vous plonger dans ce livre qui vous fera voyager, réfléchir et souvent rire . Le narrateur nous explique que dès son enfance, il était fasciné par les cartes géographiques et les planisphères . Devenu adulte, il a pu réaliser son rêve : devenir une sorte de touriste professionnel . Il va ainsi, chapître après chapitre, nous promener sur la surface du globe, de l’Angleterre au Mozambique, en passant par la Chine, le Maroc et bien d’autres pays encore .

J’ai beaucoup aimé le ton souvent humoristique sans jamais être cynique de ce roman . Ainsi, lorsqu’il évoque sa légère antipathie envers la Polynésie : « Pour être tout à fait honnête, j’ai une petite rancoeur envers ce territoire, car c’est ici que Joe Dassin nous a quittés. » (p. 9). Je partage aussi son avis sur les touristes qui prennent photo sur photo, au risque de louper l’instant présent . Pour l’auteur, « Prendre une photo, c’est prévoir de se souvenir du futur dans un futur prochain. » (p.137). C’est joliment dit et tellement vrai !

Les chapitres à la fin du roman sont moins légers et font réfléchir sur l’impact de l’homme sur la planète sans jamais utiliser un ton moralisateur . « Vu d’ici, on se rend bien compte que l’humanité n’a rien d’indispensable au fonctionnement de cette planète. (…) Nous sommes les touristes de luxe de l’évolution.(…) Nous avons visité la Terre, nous l’avons magnifiée et dévastée, nous allons repartir. » (p.259)

Ce qui est tout de même étonnant, c’est qu’en lisant le livre, les anecdotes sur les pays visités semblent tellement réalistes que l’on oublie qu’il s’agit d’un roman …

Un livre que j’ai beaucoup aimé et qui donne envie de faire ses valises pour partir à la découverte d’autres pays.

Touriste- Julien Blanc-gras . ( 260p.)

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