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critiques de lecture

Pigeon English

Classé dans : Non classé — 1 juin 2015 @ 7 h 39 min

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Pour ce premier jour du mois anglais, je vous emmène directement dans la banlieue de Londres où vit Harrison Opuku, un gamin de onze ans récemment immigré du Ghana . Harrison( dit Harri) vit ici avec sa mère et sa grande soeur tandis que son père, sa grand-mère et sa toute petite soeur sont restés au pays en attendant d’avoir l’argent nécessaire pour se payer le voyage vers la Grande -Bretagne.

Le petit garçon est émerveillé par tout ce qu’il découvre :le métro londonien, les téléphones portables, les baskets de marque que portent les autres gamins de son école … Mais cette banlieue défavorisée est aussi un univers très violent rempli de junkies, de prostituées et de gangs dont les membres sont prompts à dégainer le couteau . C’est ainsi qu’au début du livre une vague connaissance d’Harri est retrouvé mort poignardé. Le jeune garçon va alors se mettre en tête de découvrir, à l’aide d’un ami, l’identité du meurtrier . Evidemment un gamin qui fouine ainsi un peu partout à la recherche de la vérité va vite s’attirer des ennuis …

Ce roman n’est pas vraiment un roman policier puisque la solution de l’enquête ( qui a poignardé un adolescent?) finalement importe peu . C’est avant tout l’occasion pour l’auteur de nous plonger dans un univers où règnent la pauvreté, la violence, les difficultés d’intégration que peuvent rencontrer les immigrés. Un univers donc bien loin des  charmants et si cosy B&B  de la campagne anglaise ou même encore des clichés touristiques de Londres . La grande force de ce roman, à mon avis, est d’avoir évité le côté trop didactique de ce type de sujets en faisant voir les choses du point de vue d’un gamin qui ouvre sur ce monde un oeil souvent candide .

J’ai aimé ce petit Harri qui s’émerveille si facilement de choses qui pour nous font partie de la vie au quotidien dans un pays dit « développé »  et j’ai été émue de le voir grandir dans cet endroit qui n’est décidément pas fait pour un enfant . Le titre m’a tout de suite interpellée : l’auteur joue en effet sur la sonorité en anglais entre « pigeon » et « pidgin » qui est un terme utilisé pour un anglais imparfait, l’équivalent en France du péjoratif  « parler petit-nègre » .Et le pigeon alors ? Il y en a bien un, qui vient régulièrement se poser sur le balcon du petit appartement ou vit Harri . Le volatile lui sert à la fois de confident et d’ange gardien .

Je vous recommande donc ce roman doux-amer au personnage si attachant à condition d’aimer les histoires dont le narrateur est un enfant et si vous souhaitez  le lire en VO, sachez qu’il peut être un peu difficile parfois car il est rempli de ce « pidgin English » et d’argot anglais qui ont dû rendre ardu le travail du traducteur français .

Pigeon English ( Le Pigeon Anglais) – Stephen Kelman – 263P.

moisanglais

10 commentaires »

  1. Cryssilda dit :

    Ca peut me plaire, j’aime les romans qui parlent de la société.
    Bon mois anglais à toi !

  2. enna dit :

    Je suis très tentée par cette lecture! J’admire les traducteurs qui doivent s’attaquer à des langues « hors normes » mais je pense que si je le lis ça sera en anglais ;-)

  3. Titine dit :

    Je ne connaissais pas du tout mais j’aime l’aspect sociologique dont tu parles,

  4. lcath dit :

    le livre ok mais il est très mignon le minou ! il ressemble au mien !

  5. Sylvie, Enfin moi dit :

    Je le garde dans ma liste, tu en parles avec tellement de coeur
    Bisous

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